Shirine Boukli, quintuple championne d’Europe de judo née le 24 janvier 1999 à Aramon, est issue de parents originaires d’Algérie et du Maroc. Cette double ascendance nord-africaine a nourri des valeurs de persévérance transmises dès l’enfance dans le dojo familial du Gard.
Les parents de Shirine Boukli ont quitté l’Algérie et le Maroc pour s’installer en France, avec l’espoir de construire une vie meilleure. Cette double origine a façonné l’identité de la judokate, qui grandit à Aramon, petite commune du Gard, entourée de ses trois frères et de ses trois cousins germains.
Le judo n’est pas arrivé par hasard dans la famille. “Mon père avait fait du judo quand il était jeune, c’était notre champion, et moi très vite j’ai voulu être meilleure que lui”, confiait-elle à Télé Star en juillet 2022. Une rivalité affectueuse qui a semé la graine d’une vocation sportive exceptionnelle.
C’est son oncle Kader Boukli, ceinture noire 5ᵉ dan, qui reprend le Judo Club d’Aramon en 2003 et y initie sa nièce dès l’âge de 4 ans. Selon les propos de Kader Boukli rapportés par Le Dauphiné Libéré en 2020, c’est leur propre père qui aurait imposé cette discipline à lui et à son frère lorsqu’ils étaient enfants, sans leur laisser d’autre choix sportif. Une transmission intergénérationnelle qui a fait du judo une véritable tradition dans cette famille du Gard.
Les sacrifices financiers consentis par ses parents pour soutenir sa progression restent une source de fierté et de reconnaissance pour la judokate. “Ils ont fait beaucoup de sacrifices financiers pour me faire entrer à l’internat, m’emmener sur toutes les compét’… J’aimerais voir dans leurs yeux qu’ils n’ont pas fait tout ça pour rien”, confiait-elle à Télé Star.
Le 16 avril 2026, à Tbilissi en Géorgie, Shirine Boukli décroche son cinquième titre de championne d’Europe chez les moins de 48 kg, égalant ainsi un record français. Face à la Serbe Sabina Giliazova, elle s’impose au terme d’un combat de plus de douze minutes en golden score. “Je me suis vraiment bagarrée pour aller la chercher”, confiait-elle à L’Esprit du Judo après sa victoire.
Cette performance confirme sa domination sur la scène continentale depuis 2020, avec des titres consécutifs en 2020, 2022, 2023, 2025 et désormais 2026. Elle reste invaincue en finale européenne depuis sa première participation.
Le 27 juillet 2024, Shirine Boukli entre dans l’histoire en décrochant la première médaille française des Jeux olympiques de Paris, un bronze en -48 kg après avoir battu l’Espagnole Laura Martinez Abelenda au golden score. Une revanche éclatante après sa désillusion à Tokyo en 2021, où elle avait terminé 17ᵉ. “Je ne pouvais pas m’arrêter à ça, je suis du genre à vouloir tout le temps rebondir”, expliquait-elle à l’AFP avant les Jeux parisiens.
Loin de se limiter au judo, Shirine Boukli mène une existence à plusieurs facettes. Elle occupe le grade de second maître au sein de la Marine nationale et poursuit des études à l’emlyon business school, deux engagements qui témoignent d’une discipline hors norme. “À la rentrée, je vais mener de front une école de commerce à Lyon et les compétitions, et ça ne me stresse pas trop”, confiait-elle avec sérénité à Télé Star.
Surnommée “Mini-corps” en raison de son 1,56 mètre, elle a également accepté d’être suivie pendant quatre saisons par la série documentaire Champion(s) sur France.tv, dévoilant les coulisses de son ascension jusqu’aux Jeux olympiques de Paris 2024.