12 May 2026, Tue

Sonia Benameur : origines, parcours et victoire historique de la nouvelle maire de Ris-Orangis à 26 ans

Sonia Benameur, élue maire de Ris-Orangis

Sonia Benameur, 26 ans, a été élue maire de Ris-Orangis (Essonne) le 22 mars 2026, mettant fin à 55 ans de domination communiste et socialiste dans cette ville de plus de 30 000 habitants. Enfant de Ris-Orangis, diplômée de Sciences Po Paris, ancienne conseillère parlementaire et présidente d’association, elle est devenue la plus jeune maire d’une grande ville d’Île-de-France avec sa liste citoyenne “Renouveau citoyen Ris-Orangis”, sans étiquette partisane.

Origine : une Rissoise de toujours, discrète sur ses racines familiales

Une identité publique ancrée dans sa ville

Sonia Benameur n’a jamais évoqué publiquement ses origines familiales dans aucune interview ni déclaration officielle. Son nom, à consonance maghrébine, a suscité des questions en ligne auxquelles elle n’a pas répondu directement. Elle se définit avant tout par son appartenance à Ris-Orangis, qu’elle revendique comme seul cadre identitaire pertinent. Sur son site officiel, elle décrit une vie entière construite dans cette commune : scolarité depuis la maternelle, engagement associatif local et choix de s’y installer définitivement après ses études parisiennes.

Collège Jean Lurçat, lycée François Truffaut : une scolarité entièrement rissoise

Sonia Benameur a été scolarisée au collège Jean Lurçat de Ris-Orangis. Elle y a été repérée dès la cinquième pour rejoindre l’association Télémaque, spécialisée dans le mentorat des élèves de milieux modestes à fort potentiel. Elle obtient son baccalauréat scientifique au lycée François Truffaut, puis intègre Sciences Po Paris. Elle précise venir “d’un milieu modeste”, une réalité qu’elle cite comme moteur de son engagement et de son intérêt pour l’égalité d’accès à l’éducation.

Un parcours académique et professionnel exceptionnel

Sciences Po et le déclic politique

Accompagnée par sa tutrice de l’association Télémaque, médecin chercheuse chez Sanofi, Sonia Benameur découvre en terminale le monde parlementaire lors d’une visite à l’Assemblée nationale. La révélation est immédiate : c’est dans cette institution qu’elle veut travailler. Elle prépare alors le concours d’entrée à Sciences Po Paris, qu’elle réussit après “des jours et des nuits blanches” de travail intensif. Elle y obtient un master Affaires Publiques, spécialité Administration Publique, entre 2016 et 2021.

De KPMG à l’Assemblée nationale

Son parcours professionnel couvre plusieurs secteurs. Elle travaille comme chargée des affaires publiques chez Nestlé en apprentissage, puis comme consultante chez KPMG Secteur Public dans le domaine éducation et familles. En octobre 2022, elle rejoint l’Assemblée nationale comme collaboratrice parlementaire auprès de la députée Marie Guévenoux, questeure Renaissance, pour qui elle avait effectué un stage de master. En octobre 2024, elle intègre le cabinet de la ministre de l’Éducation nationale Anne Genetet comme conseillère parlementaire, poste qu’elle occupe jusqu’à sa victoire électorale.

Présidente d’association, mariée à Ris-Orangis

En parallèle de sa carrière institutionnelle, Sonia Benameur a fondé et préside l’association Audace, qui forme les jeunes à la prise de parole publique à Ris-Orangis. Sur son site de campagne, elle indique également s’être mariée à Ris-Orangis, confirmant un ancrage total et choisi dans sa ville natale. Le Républicain de l’Essonne résume ainsi son rapport à la commune : “Ris-Orangis pour Sonia Benameur, ce n’est pas n’importe quelle ville, c’est sa ville.”

La conquête historique de Ris-Orangis

Une ville de gauche depuis 1971

Ris-Orangis était gouvernée sans interruption par la gauche depuis 1971, d’abord par les communistes, puis par les socialistes. En 2020, Stéphane Raffalli (PS) avait été réélu dès le premier tour dans ce bastion. L’arrivée d’une liste citoyenne sans étiquette en position de challenger était donc perçue comme peu probable au début de la campagne.

Premier tour en tête, second tour sans appel

Au premier tour du 15 mars 2026, Sonia Benameur crée la surprise en arrivant en tête avec 44,41 % des voix, devant Stéphane Raffalli (41,95 %) et Claude Stillen (13,64 %). Au second tour du 22 mars, dans une triangulaire maintenue, elle l’emporte avec 49,44 % des suffrages, soit 3 793 voix, contre 44,15 % pour le maire sortant. Sa liste obtient 30 sièges sur 39 au conseil municipal. La participation atteint 51,14 %, en forte hausse par rapport au premier tour.

Une victoire collective revendiquée

Dans son discours de victoire depuis les marches de l’hôtel de ville, la nouvelle édile a tenu à partager le mérite de cette élection avec l’ensemble de ses soutiens, refusant toute lecture personnelle du résultat. Elle a immédiatement annoncé être au travail dès le lendemain matin, avec “une seule boussole : l’intérêt des habitants.” Une posture qui prolonge sa ligne de campagne : du concret, de l’écoute, pas de fausses promesses.

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.