6 May 2026, Wed

Karim Bouamrane : épouse, origines marocaines et portrait du maire de Saint-Ouen en route vers 2027

Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine

Karim Bouamrane, né le 21 février 1973 à Clichy, est le maire socialiste de Saint-Ouen-sur-Seine depuis juillet 2020. Fils d’un ouvrier marocain immigré en France, il incarne une trajectoire de résilience et d’ambition politique que les grands médias internationaux ont célébrée lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Marié et père de trois enfants, il nourrit des ambitions pour la présidentielle de 2027 tout en restant un élu de terrain profondément ancré dans sa commune de Seine-Saint-Denis.

Karim Bouamrane : son épouse et sa vie de famille

Une conjointe cadre de la fonction publique

Karim Bouamrane est marié et père de trois enfants. Si le maire de Saint-Ouen s’exprime volontiers sur son parcours personnel et ses origines, il garde une discrétion totale sur l’identité de son épouse. La déclaration d’intérêts déposée auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) précise que la conjointe de Karim Bouamrane exerce une activité professionnelle de cadre de la fonction publique, employée à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Seine-Saint-Denis (CPAM 93). Son identité n’a jamais été rendue publique, ni dans ses interviews ni dans ses prises de parole. Cette discrétion sur sa vie familiale contraste avec son omniprésence médiatique sur les questions politiques.

Karim Bouamrane : ses origines marocaines

Fils d’un ouvrier du bâtiment venu du Maroc

Karim Bouamrane naît le 21 février 1973 à Clichy d’un père ouvrier du bâtiment venu du Maroc, qui s’installe à Saint-Ouen dans les années qui précèdent la naissance de son fils. Il grandit dans ce quartier populaire de Seine-Saint-Denis, où il effectue sa scolarité à l’école élémentaire Anatole France, classée en réseau d’éducation prioritaire. Ces origines marocaines, il les assume pleinement et les intègre dans son discours politique. “Je suis né d’un père ouvrier marocain qui a cru en la France”, confie-t-il régulièrement. Lors de la couverture du New York Times en avril 2024, le quotidien allemand Die Welt lui décernait le surnom d'”Obama von der Seine”, soulignant une trajectoire personnelle comparable à celle du 44e président américain.

Une double culture marocaine et française

Karim Bouamrane parle couramment le français, l’anglais et le portugais. Il se revendique français à part entière tout en assumant ses racines marocaines, refusant d’être “assigné à résidence thématique, intellectuelle et réputationnelle” comme il le dit lui-même. Sa vision de la France est celle d’un républicain convaincu qui croit en l’universalisme plutôt qu’en l’identitarisme. “Ma lecture n’est pas ethnique, elle est sociale”, déclarait-il sur Sud Radio en mai 2026, en réponse aux accusations de LFI sur la gentrification de Saint-Ouen.

Un parcours entre cybersécurité et politique locale

De Clichy à Saint-Ouen, une vocation précoce

Son engagement politique commence dès l’âge de 15 ans, quand il participe aux manifestations pour les sandinistes du Nicaragua et pour la libération de Nelson Mandela. Il adhère au Parti communiste en 1995 à 22 ans et est immédiatement élu conseiller municipal. Il obtient un master en économie et droit européen, avant de se lancer dans le secteur de la cybersécurité. De 1999 à 2001, il dirige les ventes chez RSA. Entre 2012 et 2015, il est vice-président chez Xirrus. Il rejoint ensuite Guidance Software comme directeur channel EMEA, puis Bitglass comme directeur Europe du Sud. Il continue à exercer ces fonctions en parallèle de son mandat d’élu local, ce qu’il définit comme une question d’honnêteté vis-à-vis des électeurs.

Maire de Saint-Ouen depuis 2020

Élu maire le 4 juillet 2020, après être passé du Parti communiste au Parti socialiste en 2014, Karim Bouamrane fait de Saint-Ouen un laboratoire de sa vision politique résumée dans l’acronyme SAFE : Sûre, Apaisée, Fraternelle et Écologique. Sous son mandat, la ville accueille le village olympique des JO de Paris 2024, ce qui lui vaut une couverture internationale sans précédent. En avril 2024, le New York Times lui consacre un portrait en Une sous le titre “Alors que les JO n’ont pas encore commencé, ce maire français a déjà tout gagné.” En juillet 2024, il reçoit la Légion d’honneur pour vingt-trois ans de services.

Un homme politique aux ambitions nationales assumées

Depuis la rentrée 2024, son nom circule pour la présidentielle de 2027. Il lance en octobre 2024 son propre mouvement, La France forte et humaine, et s’affiche comme une alternative à Jean-Luc Mélenchon au sein de la gauche. “Je n’ai aucun problème à dire que si je dois être leader, je le serai”, déclarait-il au New York Times. Sur Sud Radio le 6 mai 2026, il réaffirme sa vision : “Notre ligne est claire : démocratiser l’excellence et faire en sorte que la vie des Françaises et des Français s’améliore chaque jour.” Son image est cependant écornée en décembre 2024 par l’affaire du Sacré Spot, un night-club ouvert sans autorisations dans un local municipal de Saint-Ouen, dont il réfute toute complicité.

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.