Eye Haïdara, née le 7 mars 1983 à Boulogne-Billancourt, est l’actrice franco-malienne choisie pour animer les cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes 2026, du 12 au 23 mai. Première femme noire à occuper ce rôle dans l’histoire du festival, elle incarne à 43 ans une génération de comédiennes qui a dû s’imposer malgré les obstacles. Mère d’un fils de cinq ans, en couple depuis plusieurs années, elle mène une vie profondément ancrée dans le quartier des Batignolles où elle a grandi.
Eye Haïdara est en couple et ne fait aucune concession sur ce point. Elle élève, avec son compagnon à l’identité secrète, son fils de 5 ans dans le quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris. Dans les rares interviews où elle aborde sa vie sentimentale, la comédienne évoque simplement “les deux hommes de ma vie”, son compagnon et son fils, sans jamais en dire davantage. Dans Marie France en 2019, elle confiait que son week-end idéal serait de “louer une belle demeure au bord de la Loire, du côté de Saumur, avec les deux hommes de ma vie, mon compagnon et mon fils.” C’est à ce jour la seule description publique de cette relation.
Son fils, dont le prénom n’est jamais rendu public, est né aux alentours de 2021. Eye Haïdara en parle avec une tendresse non dissimulée. Elle évoque avec humour la relation entre son enfant et ses propres parents, devenus des grands-parents très présents : “Mes parents habitent à dix minutes de chez moi. Si mon fils leur demande de venir lui faire un bisou avant de se coucher, ils viendront.” Ses parents, aujourd’hui à la retraite, vivent entre la France et le Mali, dans le sud du pays, où son père élève des poules, des chèvres et des moutons. “Ils n’ont jamais été aussi heureux depuis leur reconversion champêtre”, confie-t-elle dans Marie Claire.
Eye Haïdara est la quatrième d’une fratrie de six enfants. Son père est d’origine malienne et marocaine et a exercé la profession de cariste. Sa mère est malienne et travaillait dans un ministère. Née à Boulogne-Billancourt, elle grandit dans le quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, où elle réside toujours. Ce quartier populaire et vivant est pour elle une ancre identitaire profonde : après être devenue l’une des actrices les plus en vue de sa génération, elle n’en est jamais partie.
C’est son instituteur du boulevard Bessières, comédien et passionné de théâtre, qui déclenche sa vocation dès le CP. Cet enseignant hors du commun mettait régulièrement ses élèves sur scène, leur transmettant sa passion du jeu avec une générosité rare. “Sur scène, je me sens intouchable, libre”, raconte-t-elle. Longtemps, elle considère la comédie comme un passe-temps, se destinant plutôt à une carrière de juge pour enfants. C’est vers 20 ans qu’elle comprend à quel point ne pas jouer la rend malheureuse.
Elle décroche un DEUG d’Arts du spectacle à la Sorbonne Nouvelle, s’inscrit aux cours d’Acting International sous la direction de Robert Cordier, intègre l’Académie de théâtre de Lorient sous la direction d’Éric Vigner, et fait ses débuts au cinéma en 2007 dans Regarde-moi d’Audrey Estrougo.
En 2017, Olivier Nakache et Éric Toledano lui confient le rôle d’Adèle dans Le Sens de la fête, aux côtés de Jean-Pierre Bacri. Elle y déborde d’humour et de présence. Le film rencontre un succès massif auprès du public français avec plus de trois millions de spectateurs en salle. Elle est nommée au César du meilleur espoir féminin et au Prix Lumières. “Les portes s’ouvrent plus facilement depuis. Le Sens de la fête, c’est un beau tournant pour moi”, dit-elle. Elle enchaîne avec En thérapie sur Arte, Les Femmes du square, Brillantes, La Maison des femmes de Mélissa Godet, et le thriller d’espionnage Mata de Rachel Lang.
En 2026, elle est choisie par France Télévisions pour présenter les cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes, présidé par le réalisateur coréen Park Chan-Wook. À BFM TV, elle confie avec une honnêteté désarmante : “C’est assez fou comme demande. On dit oui sans réfléchir parce que si on réfléchit on dit non. Il y a le stress qui pique et fait mal. Mais il y a aussi le stress qui est excitant et galvanisant.”