Alexis Rosenstiehl est l’un des visages les plus prometteurs du cinéma français de sa génération. En moins de deux ans, ce jeune comédien parisien a enchaîné trois films en dix mois : Juste une illusion d’Olivier Nakache et Éric Toledano, Quasimodo de Jean-François Richet et Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Leonetti. Sa carrière naissante et son patronyme attirent naturellement la curiosité sur ses origines familiales.
Le patronyme Rosenstiehl est étroitement associé en France à Agnès Rosenstiehl, auteure et illustratrice de renom née le 4 décembre 1941 à Paris, célèbre pour avoir créé le personnage de Mimi Cracra dans les années 1970. Agnès Rosenstiehl est mariée au mathématicien Pierre Rosenstiehl. Dans une interview, elle évoquait avec affection son petit-fils, qu’elle accompagnait au cinéma. Si le lien familial entre Alexis et Agnès Rosenstiehl paraît évident au regard du patronyme rare qu’ils partagent, aucune source publique documentée ne précise à ce jour la nature exacte de ce lien généalogique ni l’identité des parents d’Alexis Rosenstiehl.
Ce qui est établi en revanche, c’est le rôle fondateur joué par sa grand-mère dans sa vocation de comédien. Sa vocation d’acteur est née le jour où sa grand-mère l’a emmené voir Cyrano de Bergerac à la Comédie-Française, avec Michel Vuillermoz. “Là, j’ai compris que c’était réel. Le type était devant moi, et il jouait incroyablement bien”, confiait-il. À partir de ce moment-là, le théâtre devient un lien structurant entre eux, une habitude discrète qui nourrit encore son parcours. Son père, lui, a contribué différemment : c’est avec lui qu’il regardait des films américains, alimentant une ouverture sur le cinéma international qui transparaît dans ses ambitions actuelles.
Alexis Rosenstiehl grandit à Paris et effectue sa scolarité au lycée Victor Hugo dans le 3e arrondissement, où il choisit le théâtre comme spécialité au baccalauréat général, qu’il obtient avec mention bien, avec la note de 19 sur 20 en jeu. Dès 2021, il monte sur scène dans des pièces de Shakespeare, Brecht et Sophocle, sous la direction de comédiens professionnels. Il poursuit sa formation au Conservatoire municipal de Vincennes pendant deux ans, puis au Conservatoire Maurice Ravel dans le 13e arrondissement de Paris. En 2023, il est admis en classe au Cours Florent, l’une des écoles de jeu les plus exigeantes de la capitale. La même année, il joue au Musée Carnavalet et au Théâtre de la Bastille, consacrant une présence scénique déjà remarquée.
En dix mois, Alexis Rosenstiehl a tourné dans trois films avec des rôles tellement différents qu’il a dû “faire un reboot pour chacun”. Dans Quasimodo de Jean-François Richet, il incarne le fils de Karim Leklou. Dans Juste une illusion d’Olivier Nakache et Éric Toledano, sorti le 15 avril 2026, il joue Arnaud, adolescent fan de new wave, grand frère partagé entre tendresse et agacement dans une famille de la classe moyenne de 1985. Dans Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Leonetti, face à Sandrine Kiberlain, il campe un jeune homme confronté trop tôt aux responsabilités.
En 2025, son rôle dans le téléfilm Les Ailes Collées de Thierry Binisti, où il incarne Joseph adolescent, lui vaut le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival de Luchon, l’un des festivals de référence de la fiction télévisée française. Il avait également été sélectionné en compétition française au Festival de la Fiction de La Rochelle 2024.
Malgré son démarrage fulgurant sur les plateaux, Alexis Rosenstiehl ne perd pas de vue ses ambitions théâtrales. “Entrer à la Comédie-Française, c’est le rêve d’une vie”, confie-t-il. Hollywood l’attire aussi, comme une ouverture naturelle nourrie par des années de cinéma américain regardé avec son père. Mais sa philosophie reste simple : “Le cinéma est intéressant partout. Tant que le projet est bon, peu importe l’endroit.”