Mary Pierce, née le 15 janvier 1975 à Montréal, est la dernière joueuse française à avoir remporté Roland-Garros, en 2000. Le 6 juin 2026, elle remet la Coupe Suzanne-Lenglen à la Russe Mirra Andreeva, victorieuse de la finale face à la Polonaise Maja Chwalinska (6-3, 6-2). Cette apparition sur le court Philippe-Chatrier ramène l’attention sur une femme de 51 ans qui a radicalement changé de vie depuis sa retraite sportive en 2006, s’installant à l’île Maurice et consacrant son existence à la foi chrétienne. Célibataire et sans enfants, elle porte sur cette réalité un regard à la fois lucide et apaisé.
Mary Pierce n’a jamais confirmé l’existence d’un compagnon ou d’une compagne dans aucune interview accordée à la presse depuis sa retraite en 2006. En juin 2021, dans les colonnes d’Outlook India, elle répond sans détour à la question de sa vie amoureuse : “Je n’ai pas encore trouvé l’homme de ma vie.” Cette déclaration, la plus récente et directe sur le sujet, confirme une situation sentimentale qui reste inchangée en 2026. Sa vie est aujourd’hui “entièrement consacrée au Seigneur”, selon ses propres mots, et aucune relation romantique ne transparaît dans ses prises de parole publiques.
Le désir de fonder une famille a longtemps habité Mary Pierce. Dans une interview accordée au Parisien en 2017, elle confie avec une franchise désarmante : “Après ma carrière, je me voyais me marier, avoir des enfants, m’occuper de ma famille et ne plus voyager. Mais ça n’a jamais été le cas, donc je voyage toujours, j’entraîne.” Elle n’exclut pas pour autant l’adoption, mais pose une condition claire : trouver d’abord le bon partenaire. Mary Pierce n’a pas eu d’enfants. Sa carrière, puis sa reconversion spirituelle et humanitaire, ont occupé l’espace que le mariage et la maternité auraient dû remplir.
En mars 2000, quelques mois avant de remporter Roland-Garros, Mary Pierce fait une expérience spirituelle fondatrice. “J’ai donné ma foi à Jésus. Tout a changé pour moi. J’ai compris que mon existence était entre les mains de Dieu. Ça m’a soulagée de la pression de gagner. J’étais beaucoup plus sereine dans les moments importants”, raconte-t-elle au Parisien Week-end. En 2005, lors d’un séjour à l’île Maurice, sa foi se renforce au contact d’une communauté chrétienne. “On a parlé de leur église. J’y ai passé dix jours et mon cœur s’est senti à la maison”, confie-t-elle.
Depuis 2008, Mary Pierce vit sur les hauteurs de Petite-Rivière-Noire, dans le sud-ouest de l’île Maurice, au sein d’une communauté pentecôtiste évangélique fondée par le pasteur Miki Hardy et sa femme Audrey, fondateurs du réseau Church Team Ministries International. Elle y entraîne de jeunes joueurs de tennis, effectue des voyages missionnaires en Afrique et coule des jours qu’elle décrit comme les plus heureux de sa vie. Dès son arrivée sur l’île, elle ressent immédiatement un profond sentiment d’appartenance, comme si ce lieu avait toujours été le sien. “Ça a complètement changé mon existence. Le titre à Roland, c’est super, mais ça n’est pas comparable. Savoir que j’ai la vie éternelle, c’est extraordinaire.”
Le 6 juin 2026, Mary Pierce est présente sur le court Philippe-Chatrier aux côtés de Gilles Moretton, président de la Fédération Française de Tennis, et d’Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, pour remettre la Coupe Suzanne-Lenglen à Mirra Andreeva. La Russe de 19 ans s’impose en finale face à Maja Chwalinska (6-3, 6-2 en 1h22), devenant la plus jeune championne de Roland-Garros au 21e siècle. Mary Pierce reste à ce jour la dernière joueuse française à avoir soulevé ce trophée, il y a vingt-six ans. Un record de longévité qu’elle évoque avec une fierté intacte : “Je suis toujours la dernière joueuse française à avoir remporté l’Open de France. Cela fait plus de vingt ans et c’est tout simplement incroyable.”
Professionnelle de 1989 à 2006, Mary Pierce a remporté deux titres du Grand Chelem en simple : l’Open d’Australie en 1995 et Roland-Garros en 2000. Elle a atteint quatre autres finales de Grand Chelem, deux finales du Masters (1997 et 2005), et remporté deux fois la Fed Cup avec l’équipe de France (1997 et 2003). Elle compte plus de 500 victoires en carrière et 18 titres en simple. En juillet 2019, elle entre à l’International Tennis Hall of Fame. Contrainte d’abandonner le circuit en 2006 après une rupture des ligaments croisés du genou, elle a ensuite officié comme consultante pour France Télévisions à partir de 2017 et comme capitaine adjointe de l’équipe de France de Fed Cup en 2017.