Nadia Farès, actrice française née le 20 décembre 1968 à Marrakech, est décédée le vendredi 17 avril 2026 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à l’âge de 57 ans. Victime d’un incident cardiaque le 11 avril dans la piscine d’un club sportif privé du IXe arrondissement, elle avait été plongée dans le coma pendant six jours. Ses filles Cylia et Shana Chasman ont confirmé son décès à l’AFP.
Le samedi 11 avril 2026, vers midi, Nadia Farès effectuait ses longueurs habituelles dans la piscine du complexe sportif Blanche, situé rue Blanche dans le IXe arrondissement de Paris. Selon les témoins recueillis par Le Parisien, l’actrice, qui nageait avec palmes et planche, s’est subitement débarrassée de son matériel avant de plonger vers le fond du bassin. Elle y est restée entre trois et quatre minutes, dans une position courbée, sans qu’aucun cri ni tourbillon ne signale une détresse. Elle a fait un malaise en raison d’un “incident cardiaque”, ont confirmé ses filles à l’AFP.
Un nageur présent dans le bassin, qui avait poursuivi sa longueur, a constaté la disparition de l’actrice en arrivant au bout de sa ligne. En mettant la tête sous l’eau, il a découvert son corps inerte au fond. Avec l’aide d’un second nageur, il a remonté Nadia Farès par les escaliers de la piscine. À sa sortie de l’eau, elle ne respirait plus. Les deux hommes se sont relayés pour lui prodiguer un massage cardiaque et ont utilisé un défibrillateur. À l’arrivée des pompiers, ces derniers ont pris le relais avant de la transporter à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement.
Hospitalisée le dimanche 12 avril dans un état critique, Nadia Farès est placée sous coma artificiel. Une enquête a été ouverte, mais aucune infraction n’a été relevée à ce stade. Les images de vidéosurveillance de la piscine ont été analysées. Selon le parquet de Paris, elles écartent toute intervention d’un tiers. La directrice de l’établissement a confirmé que les caméras installées au niveau du bassin permettaient de reconstituer la chronologie de l’accident.
Grande sportive, Nadia Farès nageait quatre fois par semaine dans cette piscine parisienne. En début d’année 2026, elle avait confié à Gala des fragilités médicales restées longtemps confidentielles : une opération du cerveau en 2007 pour traiter un anévrisme qu’elle décrivait comme “une bombe à retardement”, suivie de plusieurs interventions cardiaques réalisées sur une courte période. Ce passé médical lourd éclaire la thèse d’un incident cardiaque survenu pendant l’effort.
Dans un message transmis à l’AFP, ses filles Cylia et Shana Chasman ont annoncé le décès de leur mère avec une émotion retenue, saluant en elle à la fois une grande artiste pour la France et, avant tout, une mère irremplaçable pour elles. Elles ont demandé à l’entourage médiatique de respecter leur deuil avec discrétion. Le cinéma français, les milieux culturels et les anonymes ont salué la mémoire d’une femme de caractère, dont la carrière aura traversé trois décennies avec une rare constance.
Nadia Farès effectue ses premiers pas à l’écran dans le téléfilm L’Exil en 1991, puis débute au cinéma en 1992 dans la comédie Les Amis de ma femme. C’est dans Elles n’oublient jamais de Christopher Frank qu’elle se fait remarquer du grand public en 1994. Elle y campe un personnage de femme fatale face à Thierry Lhermitte, et impose d’emblée une présence forte à l’écran. Elle enchaîne avec Claude Lelouch dans Hommes, femmes : mode d’emploi, puis avec Bernie Bonvoisin dans Les Démons de Jésus en 1997.
En 2000, le rôle de Fanny dans Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz, aux côtés de Jean Reno et Vincent Cassel, lui offre une reconnaissance internationale. Le film est un immense succès et installe définitivement Nadia Farès dans le paysage du cinéma français. Elle confirme dans Nid de guêpes de Florent-Emilio Siri avec Benoît Magimel, puis enchaîne dans des productions franco-américaines : Rogue : l’ultime affrontement, On the Line avec Mel Gibson.
Au début des années 2000, elle décide de mettre sa carrière entre parenthèses et vit aux États-Unis avec le producteur Steve Chasman, rencontré en Normandie dans le château de Luc Besson, dont elle a eu ses deux filles. Elle revient sur les écrans en 2016 avec la série Marseille sur Netflix, dans le rôle de Vanessa d’Abrantes, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Elle retrouve ensuite les plateaux dans des séries et téléfilms : La Promesse, Luther, et les comédies Chacun sa vie de Claude Lelouch et Toujours possible en 2025. Elle préparait également son premier long-métrage en tant que scénariste et réalisatrice, dont le tournage devait débuter à Paris en septembre 2026.