21 May 2026, Thu

Béligh Nabli : ce que l’on sait de ses origines et du parcours d’un enseignant-chercheur en droit public

Béligh Nabli, professeur en droit public à l’université Paris XII-Université de Paris-Est Créteil (UPEC)

Béligh Nabli est l’une des voix les plus rigoureuses et les plus attendues du débat juridique et politique français. Professeur de droit public à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), ancien directeur de recherches à l’IRIS et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l’État, la République et le monde arabe, il s’est imposé comme une figure incontournable de la pensée constitutionnelle française contemporaine.

Des origines maghrébines suggérées, jamais explicitées publiquement

La question des origines de Béligh Nabli suscite un intérêt croissant, alimenté par son engagement intellectuel sur les thématiques d’identité, de laïcité et de multiculturalisme. Son prénom, Béligh, est d’origine arabe et signifie “éloquent” ou “celui qui s’exprime avec clarté”, une qualité que lui reconnaissent unanimement ses pairs. Son patronyme, Nabli, est un nom très présent dans le Maghreb, notamment en Tunisie, autour de la région de Nabeul.

Ces indices onomastiques laissent penser à une ascendance nord-africaine, ce que plusieurs sources concordantes décrivent comme des origines tunisiennes. Pour autant, Béligh Nabli n’a jamais fait de déclaration publique documentée sur ses origines familiales dans une source d’autorité. Il est avant tout un professeur des universités de nationalité française, et c’est sous cette identité qu’il construit et défend sa pensée. Cette discrétion sur le plan personnel est cohérente avec sa posture intellectuelle : l’homme préfère parler de ses travaux plutôt que de lui-même.

Ce que l’on peut néanmoins observer, c’est que son intérêt profond pour le monde arabe, qu’il suit depuis le “printemps arabe” de 2011 en dirigeant l’Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe à l’IRIS, dépasse le cadre d’une simple spécialisation académique. Il y a dans son œuvre une connaissance intime de ces sociétés qui témoigne d’un lien culturel réel, même si jamais formalisé dans l’espace public.

Un parcours académique d’excellence entre Paris et Florence

Ce qui est documenté avec précision, en revanche, c’est un parcours universitaire exceptionnel. Titulaire d’un DEA et d’un DESS de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est également diplômé de l’Institut des Hautes Études Internationales de l’université Paris II Panthéon-Assas. Il complète ensuite sa formation à l’Institut universitaire européen de Florence, où il soutient une thèse en droit public sur L’exercice des fonctions d’État membre de la Communauté européenne, récompensée par le prix de thèse des éditions Dalloz et publiée en 2007.

Cette thèse résume à elle seule sa vocation intellectuelle : articuler le droit national, le droit européen et le droit international en une vision cohérente de l’État moderne. Il enseigne aujourd’hui le droit constitutionnel, le droit européen et le droit international à l’UPEC, à Sciences Po Paris et à IRIS Sup’, tout en dirigeant la revue juridique numérique des Cahiers Lysias.

La République comme objet d’étude et de critique

Béligh Nabli n’est pas un juriste de cabinet. Il est un intellectuel engagé dans le débat public, qui n’hésite pas à bousculer les certitudes. Dans La République identitaire, il dénonce l'”identitarisation” croissante de la société française, qu’il observe aussi bien à l’extrême droite qu’à gauche. Pour lui, invoquer la République est devenu une réponse commode qui tient lieu de politique : “Les hommes politiques sont heureux de répondre par une réponse simple et consensuelle plutôt que de se lancer dans des débats difficiles”, déclarait-il à Rue89 Lyon en 2016.

Il pointe également le “refoulé colonial” français comme obstacle à la reconnaissance d’une société objectivement multiculturelle. Selon lui, l’histoire nationale française est bien plus complexe et riche qu’on ne l’admet généralement dans le débat public, portant à la fois l’héritage des Lumières et celui d’un discours colonialiste que personne ne devrait avoir intérêt à taire. Une critique qui ne vise pas à nier la République mais à la rendre plus honnête envers elle-même.

Une bibliographie au service de la compréhension de l’État

Sa production académique est à la fois dense et cohérente. Parmi ses ouvrages les plus marquants figurent ses travaux sur l’État sous toutes ses formes, publiés notamment chez Armand Colin, Pedone et Bruylant, ainsi qu’un manuel de référence sur les relations internationales paru en 2023 chez Pedone. Ces travaux font de lui une référence pour quiconque cherche à comprendre la transformation du rôle de l’État dans un monde interconnecté, entre souveraineté nationale, intégration européenne et droit international.

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.