Clémence Guetté est l’une des personnalités politiques les plus en vue de la gauche française. Vice-présidente de l’Assemblée nationale, coordinatrice du programme de La France insoumise, possible successeure de Jean-Luc Mélenchon : à 35 ans, la députée du Val-de-Marne fascine autant par son ascension fulgurante que par sa discrétion assumée sur tout ce qui touche à sa vie personnelle.
Sur sa vie amoureuse, Clémence Guetté n’a jamais livré la moindre information dans l’espace public. Aucun compagnon, aucun mari n’est mentionné dans les médias de référence qui lui ont consacré des portraits. Sa déclaration d’intérêts déposée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ne fait état d’aucune activité professionnelle d’un conjoint, la rubrique correspondante étant vide.
Cette discrétion est pleinement assumée. Dans les rares interviews où elle aborde sa personnalité, la députée parle de sa colère sociale, de ses convictions, de ses lectures, jamais de sa vie intime. Son entourage décrit une femme qui trace une frontière nette entre engagement public et sphère privée. Comme le résumait une collaboratrice dans les colonnes de l’Express, “elle est accessible et sympa. Mais ce n’est pas une fille qui veut absolument qu’on le sache.” Cette économie de la confidence intime est une constante, une ligne de conduite qui ne semble pas près de changer.
Clémence Guetté est née le 15 mars 1991 à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, et a grandi dans le village de Montigny, près de Bressuire. Sa configuration familiale est l’une des rares choses qu’elle évoque volontiers, tant elle éclaire ses convictions. Sa mère est professeure d’anglais, son père était homme au foyer, un choix qui tranche avec les normes traditionnelles et qui a manifestement nourri sa sensibilité aux questions d’égalité. Elle a un frère prénommé Guillaume, qui a témoigné dans Libération d’une enfance libre et épanouie, avant que sa sœur ne ressente très tôt un besoin de s’engager et de se confronter aux réalités du monde.
La famille était modeste financièrement, avec un seul salaire, mais intellectuellement riche, entourée de livres et de conversations sur la société. C’est dans ce foyer politisé sans être militant que naît chez Clémence Guetté une conscience des inégalités et une exigence de justice sociale qu’elle revendique depuis lors dans chacune de ses prises de parole publiques.
Le parcours scolaire de Clémence Guetté est celui d’une boursière déterminée. Titulaire d’un bac scientifique obtenu avec mention très bien, elle part étudier les lettres modernes à l’université de Poitiers, finançant ses études grâce à des petits boulots dans une usine automobile, l’agroalimentaire, la plonge en cafétéria ou encore la banque. Elle rejoint ensuite Sciences Po Paris, où elle obtient un master de sociologie politique, avant de compléter sa formation à AgroParisTech, puis à l’Institut du développement durable et des relations internationales.
Ce double ancrage, intellectuel et populaire, est au cœur de son identité politique. Clémentine Autain la décrivait dans Libération avec une précision qui est restée : “Derrière son allure discrète et posée, Clémence Guetté est une bosseuse qui a du tempérament.”
À 20 ans, en 2010, elle adhère au Parti de gauche cofondé par Jean-Luc Mélenchon. En 2016, elle rejoint La France insoumise à sa création et prend en charge la coordination du programme présidentiel, L’Avenir en commun. Élue pour la première fois dans la 2e circonscription du Val-de-Marne en 2022, elle a confirmé son ancrage local en décrochant sa réélection dès le premier tour en 2024.
Le 18 juillet 2024, elle est élue première vice-présidente de l’Assemblée nationale, poste qu’elle occupe depuis lors. Elle copréside avec Jean-Luc Mélenchon l’Institut La Boétie, think tank insoumis, et est régulièrement citée comme possible successeure du fondateur du mouvement. Cette colère froide et méthodique, tournée vers les inégalités plutôt que vers la notoriété personnelle, est peut-être ce qui explique le mieux pourquoi sa vie privée reste, elle, à l’abri des projecteurs.