22 Apr 2026, Wed

Yasmina Asrarguis : origine marocaine et parcours de la chercheuse franco-marocaine de 29 ans

Yasmina Asrarguis, spécialiste en géopolitique

Yasmina Asrarguis, chercheuse spécialiste du Moyen-Orient âgée de 29 ans, est née et a grandi à Casablanca au Maroc. Franco-marocaine, elle est actuellement Fulbright Visiting Scholar au département d’études du Proche-Orient de l’université de Princeton. Doctorante à la Sorbonne-Nouvelle, elle consacre ses recherches aux Accords d’Abraham et à la construction de la paix au Moyen-Orient. Son parcours l’a menée de l’université de Bath au Royaume-Uni à Sciences Po Paris, puis vers des postes prestigieux auprès de la cellule diplomatique d’Emmanuel Macron, du cabinet du Secrétaire général des Nations Unies et de la direction générale de l’UNESCO. Militante pour une plus grande représentation des chercheurs nord-africains dans les universités d’élite, elle incarne une nouvelle génération de penseurs marocains engagés dans le dialogue international.

Une origine marocaine et une enfance à Casablanca

Yasmina Asrarguis est née en avril 1996 et a grandi à Casablanca, capitale économique du Maroc. Son enfance casablancaise a forgé son identité franco-marocaine et son intérêt précoce pour les enjeux géopolitiques de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Bien qu’elle maintienne une discrétion sur l’origine précise de ses parents et leur parcours, Yasmina revendique fièrement ses racines marocaines. Cette double appartenance franco-marocaine constitue le socle de son engagement pour une diplomatie culturelle euro-méditerranéenne et pour une meilleure représentation des chercheurs nord-africains dans les institutions académiques internationales.

Dans ses interventions publiques et ses travaux de recherche, elle porte régulièrement la voix des jeunes intellectuels marocains et nord-africains, convaincue que la diversité des trajectoires et des ancrages culturels enrichit le progrès académique mondial. Son parcours témoigne de cette ambition de faire dialoguer les cultures méditerranéennes et de promouvoir une approche inclusive des enjeux de paix au Moyen-Orient.

Un parcours académique d’excellence entre le Royaume-Uni et la France

Après son baccalauréat, Yasmina Asrarguis quitte le Maroc pour poursuivre des études supérieures au Royaume-Uni. De 2015 à 2018, elle étudie les sciences politiques et les relations internationales à l’université de Bath, où elle obtient sa licence avec mention.

En 2018, elle reçoit le prestigieux Peter Throughton Prize qui récompense la meilleure thèse de fin d’études pour son travail de terrain sur le recrutement jihadiste en Seine-Saint-Denis. Cette recherche sur l’islamisme en France révèle déjà sa capacité à mener des enquêtes approfondies sur des sujets sensibles et complexes.

En septembre 2018, Yasmina intègre Sciences Po Paris pour un master en sécurité internationale. Cette formation renforce son expertise sur les enjeux de paix et de stabilité au Moyen-Orient, thématiques qui deviendront le cœur de ses recherches doctorales.

Depuis 2020, elle poursuit un doctorat à l’université Sorbonne-Nouvelle où elle étudie les Accords d’Abraham et les dynamiques géopolitiques de la normalisation israélo-arabe depuis 2020. Ses travaux documentent les reconnaissances et coopérations bilatérales entre Israël et les pays arabes signataires de ces accords historiques.

Des postes stratégiques auprès des plus hautes instances internationales

Parallèlement à son parcours académique, Yasmina Asrarguis accumule une expérience professionnelle remarquable auprès d’institutions de premier plan. Dès 2016, alors étudiante, elle effectue un stage au sein de l’équipe de communication du Premier ministre français sur la lutte contre la propagande de l’État islamique.

Entre 2016 et 2017, elle travaille avec OneVoice Europe à Londres et le Projet Aladdin à Paris, deux organisations qui promeuvent le dialogue interculturel et interreligieux en zone euro-méditerranéenne. Ces expériences forgent sa conviction qu’une véritable éducation à la paix constitue un prérequis indispensable pour résoudre les conflits au Moyen-Orient.

En 2018, elle intègre la cellule diplomatique du président Emmanuel Macron au palais de l’Élysée, où elle traite des questions de sécurité internationale. Elle rejoint ensuite le cabinet du Secrétaire général des Nations Unies au sein de l’unité politique, maintien de la paix et humanitaire.

À New York, elle devient responsable du développement stratégique dans les zones Moyen-Orient et Afrique pour le cabinet de conseil en communication dirigé par Richard Attias, travaillant notamment sur l’expansion des opérations régionales. De 2024 à 2025, elle sert comme Chargée des Relations Publiques auprès de la Directrice générale de l’UNESCO à Paris, poste qu’elle quitte pour rejoindre Princeton.

Visiting Scholar à Princeton et experte des Accords d’Abraham

Depuis 2024, Yasmina Asrarguis est Fulbright Visiting Scholar au département d’études du Proche-Orient de l’université de Princeton, l’une des institutions académiques les plus prestigieuses au monde. Cette nomination souligne la reconnaissance internationale de son expertise sur les enjeux de paix au Moyen-Orient.

Ses recherches se concentrent sur les Accords d’Abraham signés en 2020, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes dont les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan. Elle analyse l’impact de ces accords sur la stabilité régionale et les perspectives de paix, avec une attention particulière portée au rôle diplomatique du Maroc dans la région.

En avril 2024, elle publie une interview exclusive avec Jean-Michel Blanquer pour le Laboratoire de la République, dans laquelle l’ancien ministre de l’Éducation analyse l’importation du conflit israélo-palestinien en Europe et préconise une approche proactive européenne face aux conflits moyen-orientaux.

Dans une interview accordée en avril 2024, elle défend l’idée qu’une solution confédérale pourrait apporter une réponse pragmatique au conflit israélo-palestinien, s’inspirant du modèle de l’Union européenne. Elle cite les travaux de Yossi Beilin, initiateur israélien des Accords d’Oslo, qui soulignait la nécessité de leaders prêts à risquer leur vie pour faire la paix.

Global Shaper et militante pour la représentation nord-africaine

Au-delà de sa carrière académique, Yasmina Asrarguis est Global Shaper au Forum économique mondial, réseau qui rassemble de jeunes leaders engagés pour résoudre les défis mondiaux. Elle est également membre de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès.

Elle milite activement pour une plus grande représentation des chercheurs marocains et nord-africains dans les universités d’élite américaines et européennes. À Princeton, elle incarne cette ambition de diversifier les voix académiques sur le Moyen-Orient, convaincue que les perspectives issues de la région elle-même enrichissent la compréhension des dynamiques géopolitiques.

Ses publications à venir incluent le livre “Israël-Palestine, Année Zéro” dans lequel elle analyse l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur la stabilité régionale et les pourparlers de paix. À 29 ans, elle représente une nouvelle génération de penseurs franco-marocains qui portent haut les couleurs de la recherche nord-africaine sur la scène internationale.

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.