30 Jul 2026, Thu

Sebti Khadimallah : parcours, origines et vie privée du commandant devenu la voix de la Sécurité civile

le commandant Sebti Khadimallah

Face à l’intensification des feux de forêt cet été, un nom s’est imposé sur les plateaux de BFMTV et RMC : celui du commandant Sebti Khadimallah, porte-parole de la Sécurité civile, qui appelle chaque citoyen à devenir “le premier pompier de France”. Retour sur le parcours de cet officier au profil atypique.

Une prise de parole devenue incontournable durant la crise des incendies

Ce jeudi 23 juillet 2026, sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC, le commandant Sebti Khadimallah a dressé un constat sans détour sur l’épuisement des troupes face à la multiplication des départs de feu. “On ne pourra jamais, à un moment donné, avoir suffisamment de moyens pour absorber une telle charge qui va continuer à augmenter. Il faut aussi que les citoyens deviennent les premiers pompiers de France”, a-t-il plaidé, avant d’alerter sur la fatigue accumulée par les équipes depuis la mi-juin, entre canicules à répétition et multiplication des incendies en Gironde, dans le Var et dans plusieurs autres départements.

Le porte-parole a également livré une explication limpide sur la mécanique d’un départ de feu : “Le mégot de cigarette, quand on le jette, dès qu’il y a un vent supérieur à 5 km/h, peut se déplacer et toucher une végétation. La végétation peut commencer à s’enflammer à partir de 150 degrés. La mèche de la cigarette génère déjà 400 degrés. L’équation est simple. On n’a pas besoin d’énormément de conditions pour provoquer un incendie”, a-t-il mis en garde, pointant également du doigt les barbecues organisés dans des zones interdites malgré les arrêtés préfectoraux.

Mais qui se cache derrière ce commandant devenu, en quelques semaines, l’un des visages les plus visibles de la sécurité civile française ?

Du droit des affaires au commandement des pompiers

Le parcours de Sebti Khadimallah tranche avec celui de nombreux officiers de sapeurs-pompiers. Avant d’endosser l’uniforme, il a d’abord évolué dans l’univers juridique : juriste stagiaire chez Chanel, où il œuvrait sur des questions de droit de la concurrence et de lutte contre la contrefaçon à l’international, puis juriste en droit de l’urbanisme et de la construction à la mairie du Vésinet, avant de rejoindre le cabinet SAFEGE Consulting en droit des affaires. C’est en 2018 qu’il entame sa formation d’officier à l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers, direction qui allait rapidement le mener vers des responsabilités de terrain croissantes.

Concernant sa vie personnelle, Sebti Khadimallah reste très discret. L’identité et la profession de ses parents, tout comme ses origines familiales précises, ne sont documentées par aucune source fiable à ce jour. Son nom de famille, peu répandu en France, suscite parfois la curiosité des internautes, mais l’intéressé n’a jamais abordé ce sujet publiquement, préférant mettre en avant son parcours professionnel et son engagement au service de la sécurité civile plutôt que ses racines personnelles. Sa date de naissance et son âge exact ne sont pas non plus communiqués à ce jour.

Une ascension rapide au sein du Service départemental d’incendie et de secours du Val-d’Oise

À partir de septembre 2018, Sebti Khadimallah devient officier en centre de secours principal à Eaubonne, en charge notamment des relations humaines et de la formation. Sa progression s’accélère ensuite au sein du SDIS 95 : chef du pôle soutien opérationnel et logistique du centre opérationnel départemental (CODIS) dès 2019, puis adjoint au chef CODIS à partir de janvier 2021, une structure qui gère plus de 300 000 appels d’urgence par an sur l’ensemble du Val-d’Oise. En octobre 2021, il prend le commandement du centre d’incendie et de secours d’Éragny et de Saint-Ouen-l’Aumône, une unité de plus de 90 sapeurs-pompiers assurant environ 4 500 sorties de secours annuelles. Il devient enfin, en novembre 2023, chef du CODIS du Val-d’Oise, à la tête d’une unité de 100 agents.

Porte-parole national depuis avril 2026

Depuis avril 2026, Sebti Khadimallah occupe la fonction de chef du bureau communication au cabinet de la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), à Paris. C’est dans ce cadre qu’il assure désormais la communication institutionnelle et de crise de l’institution, ainsi que les relations avec les médias, un rôle qui l’a placé en première ligne durant l’épisode d’incendies de l’été 2026. Il y rappelle régulièrement que la lutte contre le feu ne peut reposer uniquement sur les moyens matériels, aussi importants soient-ils : “Il faut bien comprendre que la lutte contre le feu de forêt ne doit pas se résumer uniquement aux moyens, tant bien même il y aurait 100 Canadair ou 10 000 hommes supplémentaires.”

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.