François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or et président du groupe RDPI au Sénat, est mort le mercredi 19 août 2026 à l’hôpital de Dijon, à l’âge de 83 ans, des suites d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet. Il laisse derrière lui son épouse Élisabeth, ses deux fils Frédéric et Grégory, ainsi que ses petits-enfants.
Le 17 juillet 2026, François Patriat avait été retrouvé inanimé près de son vélo à Pouilly-en-Auxois, en Côte-d’Or, alors qu’il faisait l’une de ses sorties habituelles, lui qui était un cycliste assidu. Transporté en urgence au CHU de Dijon, il avait été déclaré en état de mort cérébrale avant de s’éteindre un mois plus tard. Cet accident survenait seulement neuf jours après sa dernière intervention au Sénat, le 8 juillet, au cours de laquelle il avait annoncé ne pas solliciter de nouveau mandat lors des élections sénatoriales de septembre 2026. “C’est une décision de lucidité, de sagesse. J’ai été sollicité pour continuer mais ce qui a guidé ma décision, c’est une forme d’éthique, la volonté de ne pas faire le mandat de trop”, avait-il confié aux colonnes du Bien Public quelques semaines plus tôt.
Aux côtés de François Patriat depuis de nombreuses années, son épouse Élisabeth a partagé la vie de l’homme politique dans leur maison de Créancey, en Côte-d’Or, tout en restant en retrait des projecteurs médiatiques. Elle avait toutefois été amenée à s’exprimer publiquement en mars 2024, après que leur domicile eut été la cible de dégradations volontaires en pleine période de colère agricole : des cadavres de sangliers, du fumier et des banderoles menaçantes avaient été déposés devant leur portail durant la nuit, alors qu’elle se trouvait seule à l’intérieur de la maison. “Mon sentiment, c’est un sentiment d’injustice, de quelque chose de très violent intimement et personnellement”, avait-elle confié à France 3 Bourgogne, décrivant une scène qu’elle avait découverte au petit matin. “C’était un moment de solitude intense. Je ne pouvais pas ouvrir ma porte parce qu’il y avait des tas d’immondices devant.” François Patriat avait alors porté plainte, et une enquête pour dégradations volontaires en réunion avait été ouverte par le parquet de Dijon.
Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, vétérinaire de formation, François Patriat s’engage en politique dès 1974 au sein du Parti socialiste. Conseiller général de la Côte-d’Or à partir de 1976, il devient député en 1981, puis maire de Chailly-sur-Armançon de 1989 à 2001. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, il occupe les fonctions de secrétaire d’État aux PME, au Commerce et à l’Artisanat, avant de devenir brièvement ministre de l’Agriculture et de la Pêche en 2002. Élu à la tête de la Région Bourgogne en 2004, il la préside pendant douze ans jusqu’à sa fusion avec la Franche-Comté fin 2015. Sénateur depuis 2008, il rejoint parmi les tout premiers soutiens d’Emmanuel Macron dès 2016, avant de prendre la présidence du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants au Sénat, poste qu’il occupait encore au moment de sa mort.
L’annonce de sa disparition a suscité une vague d’hommages unanimes. Emmanuel Macron a salué la perte d'”un ami cher” et de l’un des “plus infatigables artisans” de la République, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que François Patriat “incarnait une certaine conception de la fraternité républicaine”. Son ami de longue date François Rebsamen a retenu de lui son “panache” ainsi que sa “fidélité et le temps long”, quand François Sauvadet, pourtant adversaire politique historique mais compagnon de territoire, a salué un parcours qui “dépasse les clivages et les appartenances partisanes”.