Né au Japon d’un père algérien et d’une mère allemande, Yanis Meziane incarne un parcours familial peu commun pour un athlète français. Le spécialiste du 800 mètres a lui-même retracé cette histoire à trois continents dans une interview accordée au Courrier de l’Atlas.
Fils d’un père algérien et d’une mère allemande, Yanis Meziane voit le jour le 26 janvier 2002 à Nishihara, une petite ville de la préfecture d’Okinawa, dans le sud du Japon. Cette naissance s’explique par la carrière de son père, enseignant-chercheur, qui avait alors obtenu un poste sur l’archipel japonais. “Mon père a obtenu un poste… avec ma mère, allemande, ils sont revenus en France”, racontait-il au Courrier de l’Atlas. La famille ne reste toutefois pas longtemps sur le territoire français : “Un an et demi après notre retour, ils sont partis en Australie où mon petit frère est né. À l’âge de six ans, on est revenu vivre définitivement en France”, précise l’athlète. C’est donc entre le Japon, la France et l’Australie que se dessinent les toutes premières années de sa vie, avant une installation durable à Étampes, dans l’Essonne.
Bien qu’il n’y ait vécu que quelques mois avant le retour de ses parents en France, le Japon occupe une place particulière dans le cœur de Yanis Meziane. À l’approche des Championnats du monde d’athlétisme 2025, disputés à Tokyo, il confiait avec un large sourire : “C’est un peu mon deuxième chez moi, vu que je suis né là-bas.” Une affection nourrie depuis l’enfance par la culture populaire japonaise : “J’ai appris la culture de moi-même. Franchement, c’est un pays que j’adore. J’ai quand même grandi avec les animés.” C’est d’ailleurs sur l’archipel qu’il avait choisi de se ressourcer, en famille, après la déception de sa non-qualification aux Jeux Olympiques de Paris 2024, quelques mois avant d’y retourner sous le maillot de l’équipe de France.
C’est un souvenir d’enfance précis qui a mis Yanis Meziane sur les rails du sport de haut niveau. En 2008, à seulement six ans, il assiste devant sa télévision au sacre olympique de l’équipe de France de handball à Pékin. “Je dis alors à mon père : ‘Je veux faire du hand'”, se souvient-il. Il prend sa première licence de handball cette année-là, avant de bifurquer vers l’athlétisme en 2010 au sein du club Athlé 91, dans l’Essonne, où il est encore licencié aujourd’hui sous la direction de son entraîneur Boris Le Helloco.
Champion d’Europe espoirs du 800 mètres en 2023, année où il passe pour la première fois sous la barre symbolique des 1’44, Yanis Meziane a poursuivi sa progression malgré une blessure au genou qui l’a privé des Jeux Olympiques de Paris 2024. La saison 2025 restera celle de la confirmation, avec trois records personnels battus coup sur coup à Rovereto, Madrid puis Budapest, jusqu’à un chrono de 1’43″71 quelques semaines avant de fouler la piste du Stade national de Tokyo, sur sa terre natale, pour les Mondiaux d’athlétisme.