Triple champion du monde de natation, Maxime Grousset doit une partie de son parcours à ses parents, Sandrine et Stéphane, restés vivre en Nouvelle-Calédonie alors que leur fils s’exilait à 16 000 kilomètres pour poursuivre sa carrière. Un soutien à distance qui ne s’est jamais démenti, jusque sur les bords des bassins olympiques.
Né le 24 avril 1999 à Nouméa, Maxime Grousset découvre la natation dès l’âge de cinq ans dans les eaux du Pacifique Sud, avant de s’illustrer localement au sein du Cercle des nageurs calédoniens. En septembre 2016, à seulement 17 ans, il quitte son île natale pour rejoindre le club de l’Amiens Métropole Natation et s’entraîner sous les ordres de Michel Chrétien. Ce sont Sandrine et Stéphane Grousset qui accompagnent alors leur fils lors de ce voyage déterminant. Installé en Nouvelle-Calédonie depuis 1995, le père du nageur se souvient de cette journée comme d’un moment charnière : “C’était une fantastique journée ensoleillée, on a vu Amiens non pas comme un petit paradis mais comme une ville charmante avec ces briques rouges sous un ciel bleu.” Pour Maxime Grousset lui-même, la décision de partir n’avait rien d’un déchirement : “Ce n’était pas une question difficile. À un moment donné, sur une île comme celle-là, il faut en partir, voler de ses propres ailes et concourir au niveau européen”, confiait-il à France Télévisions.
Malgré la distance, Sandrine et Stéphane Grousset n’ont jamais manqué un rendez-vous important de la carrière de leur fils. Ils ont notamment fait le déplacement jusqu’à Paris pour assister aux Jeux Olympiques 2024, accompagnés de leur fille Emma. “On vit toujours en Nouvelle-Calédonie, donc on est venus spécialement pour les Jeux”, expliquait alors Stéphane Grousset. Lorsque son fils ne peut être présent physiquement à ses côtés, comme lors des Mondiaux de Singapour en août 2025, le père suit chaque course à distance avec la même intensité. Avant son titre sur 100 mètres papillon, Maxime Grousset lui avait confié toute sa confiance : “Je vais les fumer”, lui avait-il annoncé après son sacre sur le 50 mètres papillon. Une prédiction tenue quelques jours plus tard, qui avait laissé son père sans voix : “C’est monstrueux. On le vit de loin, mais toujours avec autant d’émotion. On est encore sous le choc, c’est un truc qui est hallucinant.”
La famille Grousset compte une autre figure publique : Emma, la sœur cadette de Maxime, sacrée Miss Nouvelle-Calédonie 2023 avant de participer à l’élection de Miss France 2024. Les deux Calédoniens, aux parcours pourtant très différents, partagent une notoriété commune qui a fait l’objet de plusieurs articles rapprochant leurs destins respectifs au moment du concours.
Le parcours de Maxime Grousset, retracé après son arrivée en métropole, s’est accéléré rapidement : dès 2017, un an après son installation à Amiens, il décroche son premier titre national avec le relais 4×100 mètres nage libre. Sa progression continue ne s’est jamais interrompue depuis : médaille de bronze olympique avec le relais 4×100 mètres quatre nages à Paris 2024, puis triple titre mondial en 2023 et 2025 sur 100 mètres papillon, complété par un titre sur 50 mètres papillon à Singapour en juillet 2025, où il bat au passage le record d’Europe de la distance. Une trajectoire qui, de Nouméa à Singapour en passant par Amiens, n’a jamais rompu le lien avec ses racines calédoniennes et le soutien constant de ses parents.