Bruno Mégarbane est l’un des médecins français les plus sollicitées par les médias depuis la pandémie de Covid-19. Chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière à Paris, professeur à l’université Paris Diderot et chroniqueur régulier sur CNews, Europe 1 et France 2, il intervient sur chaque grande crise sanitaire avec une pédagogie reconnue. Ses origines, rarement évoquées, plongent dans l’histoire des chrétiens d’Alep, grande ville du Levant dont sa famille est l’une des plus illustres.
Bruno Mégarbane est né à Alep, en Syrie. Cette ville du nord de la Syrie est l’une des plus anciennes au monde et a longtemps abrité une importante communauté chrétienne, notamment catholique et maronite. Le patronyme Mégarbané y est profondément ancré : la famille Mégarbané a donné son nom à une rue d’Alep, et sur ses 19 branches recensées, deux seulement vivaient encore en Syrie au début du XXIe siècle, tous les autres membres ayant émigré vers le Canada, les États-Unis, la France et surtout le Liban. Cette diaspora reflète le mouvement général de la bourgeoisie chrétienne syrienne qui, dès les années 1950, a progressivement quitté une Syrie marquée par les nationalisations et l’instabilité politique.
Le nom Mégarbane est quasiment inexistant dans les registres d’état civil français : Filae, la principale base généalogique française, ne recense que neuf naissances sous ce patronyme entre 1966 et 1990, réparties dans seulement deux départements. Cette rareté confirme le caractère récent et spécifique de l’implantation de cette famille en France, vraisemblablement liée à une émigration d’Alep ou du Liban vers la France dans la seconde moitié du XXe siècle. La variante orthographique Mégarbané avec accent est celle utilisée dans la branche syrienne et libanaise de la famille, tandis que Bruno Mégarbane sans accent est la forme francisée adoptée en France.
Professeur des universités et praticien hospitalier, Bruno Mégarbane est chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière à Paris. Son service est l’une des références françaises pour la prise en charge des intoxications graves aux médicaments et aux drogues. Il dirige également des thèses à l’Université Paris Diderot et à l’Université Paris-Est Créteil. Il est co-auteur du Manuel de toxicologie en réanimation publié chez Elsevier Masson en 2011, ouvrage de référence dans sa spécialité.
La pandémie de Covid-19 propulse Bruno Mégarbane dans l’espace médiatique. Invité régulier sur CNews, France 2 et Europe 1, il s’y distingue par sa capacité à vulgariser des sujets complexes et à contredire certaines affirmations polémiques. C’est lui qui, sur CNews, recadre publiquement les déclarations de Didier Raoult, affirmant que le controversé infectiologue marseillais n’est “pas un gourou, c’est un véritable scientifique mais il a eu tort sur la chloroquine.” Une sortie qui marque les esprits et installe sa réputation de médecin rigoureux et indépendant.
En mai 2026, Bruno Mégarbane est de nouveau au centre de l’actualité sanitaire lorsqu’un premier cas d’hantavirus est déclaré en France chez une passagère de retour d’une croisière dans l’Atlantique. Invité sur CNews le 11 mai 2026, il rassure : “Il n’y a pas de raison de penser que cela va dégénérer en pandémie mondiale.” Sur franceinfo, il détaille la prise en charge : la patiente a “très probablement” été placée en chambre à pression négative, un dispositif qui empêche toute communication d’air entre la chambre du malade et les pièces avoisinantes. “Il n’y a pas d’air qui communique sans être passé par des filtres qui arrêtent toutes les particules, y compris virales”, précise-t-il. Son service de Lariboisière n’est pas encore équipé de ces chambres, mais le nouvel hôpital en cours de construction le sera.