Steve Suissa, né le 7 décembre 1970 dans le faubourg Montmartre à Paris, est l’une des figures les plus actives du théâtre et du cinéma français. Producteur, réalisateur, metteur en scène et acteur, il a mis en scène plus de cinquante pièces, fondé le Festival Horizons du Théâtre Français en Israël et créé les émissions religieuses judaïques du dimanche matin sur France 2. Derrière cette hyperactivité professionnelle assumée se cache une vie privée hermétiquement protégée.
Steve Suissa n’a jamais évoqué son épouse dans aucune interview ni prise de parole publique documentée. Son nom, sa profession et son identité restent totalement absents des sources d’autorité françaises. Cette discrétion est cohérente avec l’homme qu’il décrit lui-même dans Paris Match : “Je suis tout sauf un fêtard : j’arrive chaque jour à mon bureau à 4 heures du matin pour préparer ma journée et celle de mes équipes.” Un homme de travail obsessionnel, dont la vie personnelle reste résolument hors champ médiatique.
Une photographie publiée par PurePeople le 22 octobre 2017, lors de la première soirée du Festival du Théâtre Français en Israël à Tel Aviv, montre Steve Suissa aux côtés de son fils Ethan et de Francis Huster. C’est à ce jour la seule apparition publique documentée d’un enfant de Steve Suissa. Au-delà de ce prénom et de ce cliché pris lors d’un événement professionnel de son père, Ethan Suissa n’a jamais été évoqué dans aucune prise de parole publique du metteur en scène.
Steve Suissa grandit dans l’un des quartiers les plus populaires de Paris, entre les Folies Bergère et la rue du Faubourg-Montmartre. Sa mère le met au monde à 15 ans à peine, dans leur minuscule appartement, en regardant Au nom de la loi à la télévision. Fan de Steve McQueen, elle lui donne ce prénom américain qui tranchera toujours dans le paysage artistique français. “80 % des gens que j’ai côtoyés plus jeune sont morts. J’ai l’impression d’être un survivant, je vis intensément”, confie-t-il à Paris Match en 2018. À 14 ans, il quitte l’école pour annoncer à son grand-père son désir de devenir artiste. Ce dernier le met à la porte. Le jeune Steve ira décharger des tonnes de viande à Rungis pendant quatre ans pour financer ses cours de théâtre. “Ça m’a bousillé le dos à vie”, admet-il avec une pointe d’humour.
Steve Suissa entre au Cours Florent en 1989 comme élève de Francis Huster. Dès 1990, il joue dans une trentaine de téléfilms et une dizaine de pièces. En 1998, il crée sa maison de production Les Films de l’Espoir, devenue Roots Projects en janvier 2025. En 1999, il co-produit et réalise son premier long-métrage L’Envol, qui remporte le prix de la mise en scène et les prix d’interprétation féminine et masculine au Festival International du Film de Moscou. Il découvre et accompagne des talents comme Isabelle Carré, Marion Cotillard, Bérénice Bejo et Lorànt Deutsch.
En 2012, le rapport de forces s’inverse : l’ancien élève devient le metteur en scène de son maître. Il dirige Francis Huster dans Bronx aux Bouffes-Parisiens. Le duo prend la direction du Théâtre Rive Gauche et monte Le Journal d’Anne Frank d’Éric-Emmanuel Schmitt, 250 représentations à guichets fermés. Entre 2013 et 2016, il met en scène pas moins de trente pièces, dont plusieurs aux côtés de Michel Sardou, Marianne James, Clémentine Célarié ou Jean-Luc Reichmann.
En 2017, Steve Suissa fonde le premier Festival du Théâtre Français en Israël, baptisé Horizons, organisé chaque année en octobre à Tel-Aviv et Jérusalem. Thierry Lhermitte, Richard Berry, Francis Huster, Ary Abittan, Amir, Dany Brillant ont tous foulé les scènes israéliennes sous sa direction. En 2025, la 7e édition accueille notamment la Batsheva Dance Company et la pièce Appelez-moi Golda avec Valérie Zarrouk, retraçant la vie de Golda Meir.
Depuis septembre 2018, il est également auteur, producteur et réalisateur des émissions religieuses sur le judaïsme du dimanche matin sur France 2, succédant à Josy Eisenberg avec le concept À l’origine. Il arrive chaque matin à son bureau à quatre heures, portant des dizaines de projets simultanément. “La mémoire et la transmission. C’est mon cheval de bataille”, résume-t-il dans un post Instagram d’avril 2025.