12 May 2026, Tue

Lara Naki Gutmann : la patineuse italienne médaillée olympique, son parcours et ses parents

Lara Naki Gutmann, patineuse artistique italienne

Lara Naki Gutmann, née le 6 novembre 2002 à Trente, est l’une des figures montantes du patinage artistique européen. Médaillée de bronze par équipes aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 et quadruple championne nationale italienne, elle incarne une génération de patineuses alliant technicité, expressivité et résilience. Retour sur son parcours, ses parents et ce prénom si particulier qui la distingue.

Origines et famille : Rovereto, Trente et un prénom ghanéen

Une enfance à Rovereto, une carrière construite à Trente

Lara Naki Gutmann est née à Trente, en Italie, le 6 novembre 2002, mais elle a grandi à Rovereto, petite ville de la province autonome de Trente, dans le nord-est du pays. C’est précisément l’absence de patinoire dans sa ville natale qui a façonné son parcours : ses parents ont dû l’emmener régulièrement à Trente, où se trouvait la patinoire la plus proche, pour lui permettre de s’entraîner. Elle y patine depuis ses débuts et n’en est jamais repartie.

Le prénom “Naki” : un cadeau ghanéen devenu porte-bonheur

L’une des premières questions que l’on pose toujours à Lara Naki Gutmann concerne son prénom. Elle l’explique elle-même avec légèreté : “C’est un prénom ghanéen qui signifie ‘première fille’. C’est un porte-bonheur. Un ami de mes parents originaire du Ghana l’a suggéré.” Sa mère a immédiatement adhéré à l’idée et aurait même souhaité l’appeler simplement Naki. Le compromis “Lara Naki” s’est finalement imposé, formant ce binôme original qui la distingue immédiatement dans le monde du patinage.

Les parents de Lara Naki Gutmann : un soutien discret mais fondamental

Aucun passé sportif dans la glace, une foi totale dans leur fille

Les parents de Lara Naki Gutmann ne pratiquent pas le patinage et n’en avaient aucune culture particulière avant que leur fille tombe amoureuse du sport. “Personne dans ma famille ne patin”, a-t-elle confié en entretien. C’est pourtant elle qui, à l’âge de trois ou quatre ans, a regardé les Jeux olympiques de Turin 2006 à la télévision et réclamé d’aller sur la glace. Ses parents ont aussitôt cherché une patinoire, sans en trouver dans leur ville. Ils ont alors opté pour celle de Trente, entraînant au passage une petite méprise : lors de l’inscription, c’est en patinage de vitesse qu’ils ont d’abord inscrit leur fille, avant de rectifier rapidement l’erreur.

Une transmission de valeurs plus qu’une logistique

Au-delà des trajets quotidiens et de l’investissement financier que représente la formation d’une patineuse de haut niveau, les parents de Lara ont surtout joué un rôle dans la construction de son état d’esprit. “Ce qui a compté, c’est la mentalité qu’ils m’ont transmise. Leur accompagnement a été fondamental dans ma manière d’aborder les défis”, précise-t-elle. Leur discrétion est totale : leurs prénoms et leurs professions n’ont jamais été rendus publics. Ils appartiennent à cette catégorie de familles qui choisissent de rester dans l’ombre pour laisser toute la lumière à l’enfant qu’elles ont soutenu.

Parcours sportif : de la patinoire de Trente aux podiums européens

Ses débuts et Carolina Kostner comme modèle absolu

Lara Naki Gutmann commence à patiner à 6 ans de manière compétitive, après avoir été happée par la grâce de Carolina Kostner lors des JO de Turin. “Sa grâce est incomparable. Même si nos styles sont différents, j’ai toujours cherché à apprendre d’elle”, déclare-t-elle. Elle s’inspire également de Yuna Kim, Patrick Chan et Stéphane Lambiel, ce dernier étant devenu depuis son chorégraphe et entraîneur.

Quatre titres nationaux et une opération à la cheville

Lara Naki Gutmann est quadruple championne nationale italienne (2021, 2022, 2023 et 2026) et a représenté l’Italie aux Jeux olympiques de 2022 et 2026. Son parcours n’a pas été sans obstacles : en 2020, une blessure à la cheville l’a contrainte à une opération chirurgicale en plein été, juste avant la reprise de la saison compétitive. Elle revient néanmoins pour décrocher son premier titre national cette même année, dans des conditions qu’elle décrit elle-même comme inattendues.

Multilingue et diplômée en sciences du sport

Lara Naki Gutmann est polyglotte et parle couramment l’italien, l’anglais et l’allemand. Elle a obtenu en 2025 son diplôme de l’Université de Camerino en sciences juridiques pour l’innovation organisationnelle et la cohésion sociale. Elle se prépare également à devenir coach certifiée, envisageant sereinement l’après-carrière sans pour autant y mettre un terme prématuré.

Milan-Cortina 2026 : la consécration olympique

Bronze en équipe, 15e en individuel

Aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, Lara Naki Gutmann décroche la médaille de bronze dans l’épreuve par équipes avec l’Italie. En individuel, après une déception au programme court, elle se reprend dans le programme libre pour terminer avec le sentiment d’avoir “fini ces Jeux sur une bonne note”, selon ses propres mots. Elle est également médaillée de bronze aux championnats d’Europe 2026 à Sheffield.

Une olympienne dans son propre pays

Patiner devant un public italien lors de ces Jeux à domicile représentait pour elle bien plus qu’une compétition. “C’est surtout un avantage. Le soutien du public serait incroyable”, avait-elle affirmé avant les Jeux, préférant cadrer l’événement sous le prisme de l’enthousiasme plutôt que de la pression.

Ce que l’on sait des parents de Lara Naki Gutmann

Les parents de Lara Naki Gutmann n’ont jamais été nommés publiquement, ni leurs professions ni aucun détail familial n’ont été confirmés par des sources d’autorité. Ce que toutes ses interviews permettent d’établir avec certitude, c’est qu’ils n’avaient aucune pratique du patinage avant que leur fille les y entraîne, qu’ils ont accepté des contraintes logistiques et financières importantes pour accompagner sa vocation, et qu’ils lui ont transmis une mentalité de résilience qu’elle identifie elle-même comme le socle de sa carrière. Leur ami ghanéen leur a offert, sans le savoir, bien plus qu’un prénom : un porte-bonheur qui a traversé deux Jeux olympiques.

By Julien Bernard

Spécialiste des personnalités sportives, 8 ans chez L'Équipe Magazine. Expert des transferts football et tennis français. Diplômé ISCPA Sport Business.