Sébastien Delogu, né le 8 juin 1987 à Marseille, est député La France insoumise des Bouches-du-Rhône depuis 2022. Ses origines combinent quatre cultures méditerranéennes : une mère d’ascendance algérienne et espagnole, engagée syndicalement à la CGT, et un père d’origine arménienne et italienne, chauffeur de taxi. Ces racines, revendiquées publiquement par le député, ont structuré son engagement politique et sa vision du monde.
Sébastien Victor Delogu aime résumer son histoire en une formule courte. Il se définit lui-même comme “100 % arménien, italien, espagnol, algérien”, une identité plurielle qu’il ne dissimule pas mais revendique au contraire comme une force. Par sa mère, il a des ascendances algérienne et espagnole. Par son père, son héritage est arménien et italien.
Sa mère était syndicaliste à la Confédération générale du travail dans les Bouches-du-Rhône et vice-présidente du conseil des prud’hommes d’Aix-en-Provence. Selon Le Monde, ses grands-parents maternels espagnols se sont rencontrés à La Sénia (Es Senia aujourd’hui), en Algérie française, avant de s’installer en France. C’est ce grand-père maternel né à Oran que le député est allé honorer lors d’un déplacement en Algérie en juin 2025. De cette mère syndicalement engagée, Sébastien Delogu a hérité très tôt une conscience des injustices sociales. Comme il le confiait dans un portrait de L’insoumission : “Elle nous a inculqué qu’il faut défendre les gens. Une mère au service des gens.”
Son père est chauffeur de taxi à Marseille. Sa grand-mère paternelle a survécu au génocide arménien de 1915, tandis que son grand-père paternel était d’origine sarde, soldat italien. Ce double héritage, entre tragédie historique et immigration méditerranéenne, a nourri chez le futur député une sensibilité aux questions de mémoire et aux droits des peuples. Le père de Sébastien Delogu a également travaillé un temps pour le maire socialiste Gaston Defferre.
Ses parents se séparent alors qu’il n’a que 4 ans. C’est dans la cité Consolat du 15e arrondissement que le jeune garçon grandit, un quartier populaire du nord de Marseille mêlant Arméniens, Maghrébins, Italiens, Comoriens et Gitans. C’est là qu’il forge sa vision du monde. “J’ai posé le pied, j’ai compris tout de suite. Tout le monde mélangé”, racontait-il, évoquant une enfance marquée par la diversité du quotidien.
Sébastien Delogu a notamment travaillé comme vendeur en mode et agent de sécurité, avant de reprendre des études après la naissance de son premier enfant. Il suit la voie de son père en obtenant son permis de taxi, son seul diplôme officiel. Pendant neuf ans, il conduit la nuit dans les quartiers nord de Marseille, près du Vieux-Port.
En 2016, Delogu devient le porte-parole des chauffeurs de taxi de Marseille lors de leur grève contre Uber, puis représentant marseillais au sein du syndicat national Taxi de France. C’est dans ce cadre qu’il rencontre Danielle Simonnet, alors coordinatrice de LFI, qui l’introduit auprès de Jean-Luc Mélenchon. Durant la campagne législative de 2017, il assure bénévolement le rôle de chauffeur et d’agent de sécurité pour le leader de LFI, sans jamais toucher de rémunération pour ce travail militant.
En 2012, Delogu est expulsé de son logement et se retrouve sans domicile, vivant dans sa voiture. Cette épreuve personnelle l’amène à s’investir dans la Confédération nationale du logement. “La misère du monde, je l’ai connue, et la vois autour de moi”, déclarait-il à 20 Minutes. Ce vécu de la précarité constitue le socle de son discours politique.
En 2022, Sébastien Delogu est élu dans la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône avec 64,68 % des voix au second tour. Il est réélu en 2024. Sa circonscription correspond aux quartiers nord de Marseille où il a grandi, un territoire qu’il représente avec une connaissance intime des réalités sociales locales.
Le 28 mai 2024, Delogu est suspendu de l’Assemblée nationale pendant quinze jours et privé de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois après avoir brandi le drapeau palestinien en séance. Il qualifie cette sanction de “médaille”, expliquant avoir voulu poser “un symbole fort” face à ce qu’il considère comme une complicité française dans le conflit à Gaza.
En juin-juillet 2025, Sébastien Delogu effectue une visite en Algérie, se rendant d’abord à Oran sur la tombe de son grand-père maternel, puis à Alger où il rencontre des élus de l’Assemblée nationale populaire. Il déclare être venu “exprimer qu’il y a une autre voie en France, celle du respect”. LFI prend aussitôt ses distances, précisant que le député “s’est exprimé de façon personnelle” et ne saurait engager le mouvement, dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Alger.