Gianni Infantino, né le 23 mars 1970 à Brigue en Suisse, est le fils d’immigrés italiens devenu président de la FIFA depuis 2016. Détenteur de trois nationalités, suisse, italienne et libanaise depuis 2025, il traverse en juillet 2026 l’une des crises les plus sérieuses de sa présidence après l’affaire Balogun en plein Mondial.
Giovanni Vincenzo Infantino naît à Brigue, dans le canton du Valais, troisième enfant de Vincenzo et Maria Infantino, deux immigrés italiens venus chercher de meilleures opportunités en Suisse. Son père, originaire de Reggio de Calabre dans le sud de l’Italie, travaille comme contrôleur sur les trains de nuit reliant Rome, Paris et Bruxelles. Sa mère, née Maria Minolfi à Piamborno, dans la province de Brescia en Lombardie, tient avec son mari un kiosque à journaux près de la gare de Brigue durant leurs jours de repos.
Surnommé “Piccolo” par sa famille, Gianni Infantino grandit dans un foyer modeste comparé aux familles suisses environnantes, où la discipline et les liens familiaux compensent les difficultés matérielles. Le couple s’était probablement rencontré à Domodossola, petite ville italienne servant de porte d’entrée vers la Suisse pour de nombreux travailleurs transalpins de l’époque.
Enfant, Gianni Infantino rêve de devenir joueur professionnel, mais comprend vite que ce ne sera pas son destin sur le terrain. Il choisit alors les coulisses du ballon rond, écrivant dès l’école vouloir devenir “avocat du football”. À 18 ans, il se présente à la tête de son club local et promet, pour convaincre les votants, que sa propre mère lavera les maillots de l’équipe. Il est élu. La victoire de l’Italie au Mondial 1982 agit comme une révélation sur le jeune homme, déjà tiraillé entre ses deux cultures.
Le 25 novembre 2025, le président de la République du Liban Joseph Aoun accorde la nationalité libanaise à Gianni Infantino, en reconnaissance de ses “services rendus au pays”. Cette décision, officialisée par décret présidentiel, intervient alors que le dirigeant s’engage à financer intégralement la construction d’un stade ultramoderne de 20 000 à 30 000 places à Beyrouth. “Je ne l’ai pas encore, mais bientôt. J’en suis très fier et très heureux”, confiait-il à la télévision libanaise LBCI quelques semaines avant l’officialisation. Cette naturalisation suscite la colère d’associations de défense des droits des femmes au Liban, où la nationalité ne peut toujours pas être transmise par les mères à leurs enfants. Gianni Infantino est marié depuis 2001 à Leena Al Ashqar, une Libanaise ayant travaillé au sein de la Fédération libanaise de football, avec qui il a quatre filles : Alessia, Sabrina, Shanïa Serena et Dhalia Nora.
Gianni Infantino n’a jamais évoqué publiquement ses convictions religieuses. Ses origines familiales, ancrées dans des régions traditionnellement catholiques du sud et du nord de l’Italie, laissent supposer une culture chrétienne d’héritage, mais le dirigeant privilégie systématiquement les sujets liés au football et à la coopération internationale plutôt que les questions de foi personnelle.
Début juillet 2026, Gianni Infantino accepte de réexaminer la suspension du joueur américain Folarin Balogun à la demande expresse de Donald Trump, provoquant une vague d’indignation dans le monde du football. Le quotidien britannique The Telegraph réclame ouvertement sa démission, estimant que cette ingérence politique “risque d’entacher un tournoi qui aurait pu constituer un véritable succès pour les États-Unis”. Face aux critiques, le dirigeant s’est contenté d’un communiqué minimisant l’épisode, rappelant qu’il échange régulièrement avec de nombreux chefs d’État et responsables politiques ou économiques sur des sujets variés, sans y voir matière à polémique.
Le 8 juillet 2026, l’ONG FairSquare annonce saisir la commission d’éthique du Comité international olympique d’une plainte contre le dirigeant, l’accusant de “violations répétées de la neutralité politique”. Sa proximité affichée avec Donald Trump, matérialisée par une casquette portant l’inscription “USA 45-47” lors du Conseil de la paix en février dernier, ainsi que la remise d’un “Prix FIFA de la paix” au président américain en décembre 2025, alimentent les critiques. Cinquante députés européens de treize pays avaient déjà réclamé une enquête sur ce prix quelques jours avant l’affaire Balogun.