Championne de France du 400 mètres en 2026, Isabelle Black porte un héritage sportif peu commun : elle est la fille du Britannique Roger Black, vice-champion olympique du 400 m à Atlanta en 1996, et de la Française Elsa Devassoigne, finaliste olympique la même année avec le relais 4×400 m tricolore.
Roger Black, né le 31 mars 1966 à Portsmouth en Angleterre, reste l’un des plus grands spécialistes britanniques du 400 mètres de l’histoire : double champion d’Europe en 1986 et 1990, médaillé d’or mondial en relais en 1991, il termine sa carrière sur une médaille d’argent olympique à Atlanta en 1996, seulement devancé par l’Américain Michael Johnson. Elsa Devassoigne, née le 12 octobre 1969 à Schœlcher, en Martinique, connaît elle aussi une belle carrière internationale sur 200 et 400 mètres, se classant huitième du relais 4×400 m aux Jeux Olympiques d’Atlanta 1996, aux côtés de sa grande amie Marie-José Pérec. C’est d’ailleurs cette dernière qui aurait, selon les mots d’Isabelle Black elle-même, indirectement permis la rencontre de ses parents : “Elle dit souvent que c’est grâce à elle que j’existe. Parce que si elle n’avait pas été là, mes parents ne se seraient pas rencontrés !”
Isabelle Black naît le 8 février 2000 à Guildford, en Angleterre. Ses parents se séparent en 2001, alors qu’elle n’a qu’un an. Elle grandit néanmoins principalement en France, du côté de Montpellier, où elle rejoint le club de l’Athlé Méditerranée Métropole et commence à concourir sérieusement en athlétisme à partir de 2019. Franco-britannique, elle choisit de représenter la France en compétition internationale, comme sa mère avant elle.
Devenir la fille de deux champions olympiques n’a pas toujours été simple à porter pour la jeune athlète, qui a longtemps hésité avant de se lancer pleinement dans le 400 mètres, la discipline qui a fait la gloire de ses deux parents. Mais l’héritage familial s’est aussi révélé être une force. Sa relation avec Marie-José Pérec, la meilleure amie de sa mère, dépasse largement le cadre sportif : “C’est une très bonne copine de ma maman. Et il y a une vraie affinité entre nous, on s’appelle, on s’envoie des messages, on ne parle pas que du 400, ça va vraiment au-delà du sport”, confie Isabelle Black, qui a pris l’habitude de retrouver la triple championne olympique après ses courses, parfois avant même d’appeler sa propre mère. Marie-José Pérec ne tarit pas d’éloges sur celle qu’elle considère presque comme sa fille : “Isy, c’est comme ma fille. Je l’ai vue grandir.”
Portée par cet entourage d’exception, Isabelle Black a connu une ascension fulgurante en 2026. Championne de France en salle du 200 mètres en mars, elle s’est ensuite installée à Londres pour rejoindre l’entraîneur britannique Tony Lester, qui avait déjà façonné la carrière de son père Roger des décennies plus tôt. Ce choix s’est révélé payant : elle décroche le titre de championne de France du 400 mètres à Albi fin juillet, avec un temps de 50″58, avant de réaliser un chrono encore plus impressionnant de 50″47 en séries, la troisième meilleure performance française de l’histoire sur la distance, derrière les 48″25 de Marie-José Pérec en 1996 et les 50″43 d’Amandine Brossier en 2024. Une progression qui lui a valu sa sélection pour les Championnats d’Europe de Birmingham, où elle dispute son premier grand championnat individuel sur 400 mètres.