Laure Lavalette, députée du Var née le 16 avril 1976 à Talence en Gironde, est issue d’une famille profondément ancrée à l’extrême droite française. Son père Jean-Philippe Lavalette, militant de l’Ordre nouveau puis du Front national, et son grand-père, membre des Croix-de-Feu, ont forgé son engagement politique précoce. Contrairement à certaines interrogations circulant sur internet, la députée RN ne possède aucune ascendance maghrébine documentée.
Le père de Laure Lavalette, Jean-Philippe, était membre du mouvement néo-fasciste Ordre nouveau avant de rejoindre le Front national. Il s’est présenté comme candidat FN aux élections législatives de 1993 et 1997 dans la cinquième circonscription de la Gironde. Cette filiation politique marque profondément l’éducation de la future députée.
L’Ordre nouveau, mouvement dissous en 1973, représentait l’aile radicale de l’extrême droite française. Jean-Philippe Lavalette incarne cette génération de militants qui ont participé à la construction du Front national dans les années 1970-1980, période de structuration idéologique du parti. Son engagement électoral répété en Gironde témoigne d’un militantisme assumé et durable.
Le grand-père de Laure Lavalette était militant des Croix-de-Feu, ligue nationaliste de l’entre-deux-guerres. Ce mouvement, créé par le colonel de La Rocque, comptait plusieurs centaines de milliers de membres dans les années 1930 et défendait des valeurs conservatrices et patriotiques.
Cette généalogie militante révèle une transmission politique sur trois générations. Des Croix-de-Feu de l’entre-deux-guerres au Rassemblement national actuel, la famille Lavalette illustre la continuité de certaines familles dans la mouvance nationaliste française. Cette hérédité politique explique largement l’aisance de Laure Lavalette dans son rôle de porte-parole du RN.
Après un master en droit de la vigne et du vin obtenu à Bordeaux, Laure Lavalette s’établit à Toulon en 1999. Cette spécialisation viticole, originale pour une future femme politique, témoigne d’un intérêt pour les enjeux territoriaux et patrimoniaux caractéristiques du Sud-Ouest français.
Durant ses années bordelaises, la jeune militante fréquente les cercles d’extrême droite locaux. Sa jeunesse bordelaise s’est déroulée dans les milieux d’extrême droite. Cette période formatrice forge son idéologie politique avant qu’elle ne s’installe définitivement dans le Var, futur fief électoral.
Après son mariage, Laure Lavalette met entre parenthèses ses activités politiques jusqu’en 2012 pour se consacrer à sa famille. Catholique traditionaliste, elle est mère de cinq enfants, dont une fille atteinte de trisomie 21. Cette interruption volontaire contraste avec l’hyperactivité politique qui caractérise sa carrière ultérieure.
Cette décennie familiale lui permet d’acquérir une légitimité de “mère au foyer” qu’elle met systématiquement en avant dans sa communication politique. Elle déclare : “Je partage la vie des gens”. Elle a “une jeune fille handicapée”. Elle fait ses “courses au supermarché”, fait “à manger pour sept personnes” et connaît “le coût de la vie”. Cette proximité revendiquée avec le quotidien des Français constitue un atout électoral majeur.
Élue conseillère municipale de Toulon en 2014, réélue en 2020, Laure Lavalette devient conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur en juin 2021. Cette implantation locale progressive précède sa victoire aux législatives de 2022.
Elle remporte la deuxième circonscription du Var avec 51,64% des voix face au candidat de La République en marche. Son élection à l’Assemblée nationale l’oblige à abandonner son siège de conseillère municipale, la législation interdisant le cumul de ces deux fonctions. Sa réélection dès le premier tour en 2024 avec 50,81% confirme son ancrage territorial dans une circonscription acquise au RN.
En neuf mois seulement, Laure Lavalette devient une incontournable des débats politiques des grandes chaînes de télévision. Cheveux courts et regard perçant, elle marque les esprits par son franc-parler et sa répartie. Cette capacité à incarner médiatiquement le RN lui vaut la confiance de Marine Le Pen.
Sa désignation comme porte-parole du groupe lors des débats parlementaires sur la réforme des retraites en mars 2023 témoigne de la confiance que lui accorde son parti. Elle soutient avec fermeté la motion de censure déposée par le Rassemblement national. Son style combatif et ses formules percutantes en font une figure prisée des plateaux télévisés, contribuant à normaliser l’image du parti.
Selon des révélations, des années durant et au moins jusqu’en 2020, Laure Lavalette a multiplié les prises de position violemment anti-de Gaulle et pro-Algérie française. La députée RN serait nostalgique de l’Algérie française et de l’OAS. Ces révélations contrastent avec l’image lissée qu’elle projette désormais.
L’OAS (Organisation armée secrète) mena une campagne terroriste sanglante dans les années 1960 pour empêcher l’indépendance algérienne. Cette nostalgie assumée interroge sur le rapport de Laure Lavalette aux violences coloniales et à l’histoire française au Maghreb, d’autant plus paradoxal qu’aucune origine maghrébine n’est documentée dans sa famille purement française.
Catholique traditionaliste, elle assiste chaque dimanche à la messe en latin et se réclame du rite tridentin. Cette pratique religieuse minoritaire, liée aux courants les plus conservateurs du catholicisme, s’inscrit dans une vision traditionaliste de la société.
Inscrite au Front national il y a 25 ans, cette catholique pratiquante ne cache pas ses idées conservatrices. En 2014, elle signait un texte anti-IVG et opposé à la PMA. Ces positions, qu’elle a depuis nuancées publiquement, révèlent une idéologie cohérente mêlant nationalisme identitaire et conservatisme moral.