Née le 4 février 1995 à Pieve di Cadore (Vénétie), Lisa Vittozzi est la meilleure biathlète italienne de sa génération. Championne olympique de la poursuite aux JO de Milan-Cortina 2026, titrée en Coupe du monde en 2023-2024, elle partage sa vie depuis plus d’une décennie avec Marco Comis — un entrepreneur des Dolomites qui n’appartient pas au monde du biathlon, et c’est précisément ce qui fait la solidité de leur couple.
Pendant longtemps, la vie amoureuse de Lisa Vittozzi est restée un mystère soigneusement entretenu. C’est en croisant les déclarations récentes de l’athlète avec sa présence sur Instagram — où Marco Comis est visible sous le compte @mcomis — que l’identité de son compagnon a progressivement émergé dans la presse italienne. Marco Comis gère deux bars à Santo Stefano di Cadore, commune de quelque 2 000 habitants dans la province de Belluno. Un ancrage profondément local, au cœur des Dolomites où Lisa a grandi.
La première publication commune sur Instagram de Marco Comis avec Lisa Vittozzi remonte au 13 septembre 2014 — trace publique d’une histoire qui dure donc depuis plus de onze ans, bien avant la notoriété internationale de la biathlète.
Ce qui ressort des rares confidences de Lisa Vittozzi sur sa vie privée, c’est la valeur qu’elle accorde à ce décrochage avec le monde sportif. Marco Comis n’a aucun lien avec le biathlon : il ne suit pas les courses de façon technique, ne pèse pas sur la préparation, et offre à sa compagne un espace de vie ordinaire entre deux compétitions mondiales. Cette capacité à gérer les absences prolongées et les contraintes d’une athlète de haut niveau sans en faire un sujet de tension est, selon Lisa elle-même, une qualité fondamentale de leur relation.
Lisa Vittozzi a confirmé que le mariage avec Marco est prévu, sans donner de date précise. Une étape naturelle après douze ans de vie commune, vécue loin des feux des projecteurs dans les vallées du Cadore.
Lisa Vittozzi a grandi à Sappada, village de montagne situé à une cinquantaine de kilomètres de sa ville natale. Avant de se consacrer au ski nordique, elle s’est d’abord passionnée pour le football. Dans la série documentaire Radici diffusée par Eurosport Italia, elle se souvient d’une enfance à courir dans tous les sens sans rôle fixe — se déclarant attaquante quand on lui posait la question, mais incapable de tolérer les coéquipiers moins doués. Ce tempérament de compétitrice absolue, elle l’a simplement transféré sur les skis.
C’est en accompagnant des amis faire du ski de fond en hiver que Lisa Vittozzi découvre le biathlon — sans ambition particulière au départ. La progression est rapide : sa première médaille internationale arrive dès 2013 aux Championnats du monde junior d’Obertilliach. Quatre ans plus tard, à 23 ans, elle intègre le top 10 mondial et se révèle comme l’une des plus redoutables biathlètes du circuit, notamment grâce à sa vitesse et sa précision au tir.
Après avoir frôlé le gros globe de cristal en 2018-2019 — battue de justesse par sa compatriote Dorothea Wierer lors d’une saison disputée jusqu’à la dernière course — Lisa Vittozzi traverse une période noire. Trois saisons en difficulté, des statistiques au tir en chute libre, et des crises d’anxiété qui la conduisent au bord de l’abandon. Elle a confié en 2024 à La Repubblica avoir parfois perdu tout contrôle au pas de tir, incapable de gérer la pression. Un travail approfondi avec un préparateur mental lui permet de se reconstruire.
La saison 2023-2024 marque sa renaissance : elle s’empare du classement général de la Coupe du monde, devient double championne du monde à Oberhof, et s’impose comme la leader incontestée du biathlon féminin mondial. Mais en 2024-2025, une blessure au dos la force à tout stopper. Elle ne reprend l’entraînement intensif qu’en octobre 2025, d’abord sur rollers, avec un unique objectif en tête : les Jeux olympiques à domicile.
Le 15 février 2026, sur la piste d’Anterselva, Lisa Vittozzi réalise la course de sa vie. Partie cinquième dans la poursuite avec 40 secondes de retard sur la leader, elle enchaîne quatre séries de tir parfaites — 20 cibles sur 20 — et remonte l’ensemble du peloton de tête. Après sa dernière série au pas de tir, elle déclare : “C’est une journée que je n’oublierai jamais. Après le dernier tir, j’ai seulement vu que j’avais tout touché et tous les spectateurs criaient pour moi.” Elle franchit la ligne en 30’11″8, devant la Norvégienne Maren Kirkeeide et la Finlandaise Suvi Minkkinen.
Première médaille d’or olympique individuelle de l’histoire du biathlon féminin italien. Avec, dans les tribunes d’Anterselva, Marco Comis — l’homme discret de Santo Stefano di Cadore qui accompagne Lisa Vittozzi depuis le début de l’aventure.