Fondateur de la SFAM devenue Indexia Group, Sadri Fegaier est né le 25 octobre 1979 à Bourg-de-Péage, dans la Drôme, de parents tunisiens installés en France. Condamné en décembre 2024 pour pratiques commerciales trompeuses, l’ex-milliardaire attend toujours son procès en appel, alors que des milliers de victimes réclament leur indemnisation.
Sadri Fegaier naît d’un père chauffeur routier et d’une mère femme de ménage, tous deux originaires de Tunisie. Le couple, marié dans son pays natal avant d’immigrer, s’installe dans la Drôme où il élève son fils dans un cadre modeste, loin des projecteurs qu’occupera plus tard l’homme d’affaires. Sadri Fegaier grandit à Romans-sur-Isère, où il obtient un simple BTS, sans formation prestigieuse ni réseau particulier pour l’aider à bâtir son futur empire.
Malgré ses racines tunisiennes, Sadri Fegaier reste largement méconnu en Tunisie, pays où sont nés et se sont mariés ses deux parents. C’est en France qu’il construit son ascension fulgurante, devenant en 2018, à seulement 37 ans, le plus jeune milliardaire de France selon le classement des 500 plus grandes fortunes du magazine Challenges, avec un patrimoine estimé à 1,7 milliard d’euros.
Parti de rien, Sadri Fegaier fonde la Société française d’assurance multirisque (SFAM), spécialisée dans les contrats d’assurance pour téléphones portables et appareils électroniques, en nouant des partenariats avec des enseignes comme SFR et la Fnac, dont il rachète 11,34 % du capital en 2018 pour 330 millions d’euros. Le fonds d’investissement Edmond de Rothschild entre même au capital de la société en 2016. À son apogée, l’entreprise emploie jusqu’à 3 000 salariés et organise des concours hippiques internationaux réunissant des personnalités comme Guillaume Canet, Charlotte Casiraghi ou Jessica Springsteen.
Après une enquête ouverte dès 2018 par la Répression des fraudes, qui aboutit à une transaction pénale de 10 millions d’euros en 2019, les plaintes continuent de s’accumuler. Le 17 décembre 2024, le tribunal correctionnel de Paris condamne Sadri Fegaier à deux ans de prison, dont seize mois ferme non aménageables, et à une amende de 300 000 euros, le maximum légal prévu pour “pratiques commerciales trompeuses”. La juridiction ordonne également la confiscation de trois propriétés immobilières situées à Ratières, Peyrins et Clérieux, dans la Drôme. Plusieurs sociétés du groupe Indexia sont elles aussi condamnées à de lourdes amendes, allant de 150 000 à 1,5 million d’euros chacune.
Sadri Fegaier fait appel de sa condamnation, un recours suspensif qui retarde l’examen des responsabilités pénales et, par ricochet, celui des indemnisations civiles. Plus de 2 500 personnes s’étaient constituées parties civiles dans cette affaire, pour des préjudices individuels atteignant parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une audience prévue le 9 avril 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris, censée statuer sur la recevabilité des demandes des victimes, est finalement renvoyée à janvier 2027, faute de date fixée pour le procès en appel. Maître Emma Léoty, qui représente environ 700 clients lésés, dénonce une situation “profondément injuste pour les consommateurs”.
En octobre 2025, une enquête diffusée sur M6 dans l’émission Arnaques ! révèle que Sadri Fegaier aurait relancé des activités commerciales en Espagne, notamment autour de la vente de caméras et de services de télésurveillance, à travers une société pilotée officiellement par un entrepreneur espagnol. Selon l’enquête, sa compagne Claire Chaix, cavalière de concours de saut d’obstacles, aurait rejoint cette holding en septembre 2024. Repéré à Saint-Tropez lors d’un concours hippique, l’ancien milliardaire n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes.