Myriam Benraad, née le 2 mars 1981 à Marseille, est l’une des voix françaises les plus écoutées sur le Moyen-Orient, l’Irak et les phénomènes de radicalisation. Docteure de Sciences Po Paris, chercheuse, auteure prolifique et consultante pour les plus grandes organisations internationales, elle s’est imposée en deux décennies comme une référence incontournable. Discrète sur sa vie personnelle, elle n’a jamais évoqué publiquement ses parents ni ses origines familiales.
Le patronyme Benraad porte une résonance arabe ou berbère que beaucoup associent au Maghreb ou au Moyen-Orient. Cette consonance, couplée à une spécialisation académique exceptionnellement approfondie sur le monde arabe, nourrit naturellement des interrogations sur ses racines familiales. Myriam Benraad n’a jamais évoqué ses parents ni ses origines dans ses nombreuses interviews ou publications, maintenant une frontière nette entre sa vie privée et son engagement intellectuel public.
Sa naissance à Marseille le 2 mars 1981 est le seul ancrage géographique familial documenté. Cette ville, porte d’entrée historique vers la Méditerranée et l’Afrique du Nord, dont la population est marquée par des décennies d’immigration algérienne, marocaine et tunisienne, contribue à contextualiser son rapport intime et passionné au monde arabe. C’est en tout cas depuis ce terreau méditerranéen qu’elle construit une vocation intellectuelle qui la mènera aux plus hautes institutions académiques françaises et internationales.
Myriam Benraad est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris en 2002, puis obtient son doctorat en science politique dans la même institution en 2011. Sa thèse porte sur l’expérience sociopolitique et identitaire des Arabes sunnites irakiens au prisme de l’occupation américaine, un travail pionnier qui fait d’elle l’une des premières chercheuses françaises à analyser l’émergence de l’État islamique dès 2006. Ses domaines de recherche couvrent les identités et communautés au Moyen-Orient, l’histoire contemporaine de l’Irak, les autoritarismes et transitions politiques, ainsi que l’islam politique et la radicalisation.
Après Sciences Po, Myriam Benraad multiplie les affiliations d’excellence. Chercheuse associée à l’IREMAM (Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, CNRS, Aix-en-Provence) depuis 2013, rattachée à la Fondation pour la recherche stratégique depuis 2015, elle enseigne successivement à l’université de Limerick en Irlande, à l’université de Leyde aux Pays-Bas à partir de 2017, puis à l’Université internationale Schiller. Depuis 2025, elle intègre le Forward College à Paris où elle enseigne l’économie politique internationale.
Parallèlement à ses travaux académiques, Myriam Benraad mène depuis 2003 des missions de consultance en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle collabore avec l’OCDE sur la reconstruction de l’Irak, exerce comme chargée de politique à la Banque européenne d’investissement, et est régulièrement sollicitée comme experte par la Banque mondiale et le Conseil de l’Europe. Sa double casquette de chercheuse et de praticienne lui confère une autorité rare dans le débat public francophone sur le monde arabe.
Son œuvre comprend notamment Irak, la revanche de l’Histoire : de l’occupation étrangère à l’État islamique (Vendémiaire, 2015), Jihad : des origines religieuses à l’idéologie (Le Cavalier Bleu, 2018), Géopolitique de la colère (2020), Terrorisme : les affres de la vengeance (2021) et Mécanique des conflits : cycles de violence et résolution (Le Cavalier Bleu, 2024). En 2015, elle figure parmi les trois finalistes du Prix Brienne du livre géopolitique, remis en partenariat avec le ministère de la Défense.