23 Apr 2026, Thu

Siavosh Ghazi : origine iranienne et parcours du correspondant de guerre à Téhéran

Siavosh Ghazi, correspondant de RFI et France 24 à Téhéran

Siavosh Ghazi, correspondant de RFI et France 24 à Téhéran, est un journaliste iranien francophone qui couvre l’actualité iranienne depuis près de trente ans. Aucune information publique ne documente sa date de naissance, ses parents ou son lieu de naissance précis en Iran. Son prénom Siavosh (également orthographié Siavash) signifie “ayant un cheval noir” en persan et renvoie au légendaire prince du Shahnameh, symbole de courage et de droiture. Diplômé d’un master de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il travaille pour RFI depuis janvier 1998 et pour France 24 depuis janvier 2020. En mars 2026, alors que l’Iran subit des frappes américano-israéliennes massives, il est l’un des seuls journalistes francophones sur place à risquer sa vie pour informer.

Une origine iranienne et un parcours personnel non documenté

Siavosh Ghazi cultive une discrétion absolue sur son origine personnelle et familiale. Aucune source fiable ne révèle sa date de naissance, l’identité de ses parents, sa ville natale en Iran ou son parcours familial. Cette réserve est cohérente avec la prudence qu’exige son métier dans un pays où les autorités surveillent étroitement les journalistes.

Son prénom Siavosh (variante de Siavash) puise ses racines dans la mythologie perse. Dérivé de l’avestique “Syāvaršan” (composé de “syāva” signifiant “noir” et “aršan” signifiant “héros” ou “étalon”), ce prénom renvoie au prince légendaire du Shahnameh, l’épopée nationale iranienne rédigée par le poète Ferdowsi au Xe siècle. Siavash incarne l’innocence, la beauté et la droiture, tragiquement assassiné de façon injuste. Ce prénom reste très répandu en Iran, aux États-Unis, au Canada, en Turquie et en Allemagne.

Le nom Ghazi (غازی en persan/arabe) signifie “combattant” ou “guerrier”, souvent utilisé historiquement pour désigner des soldats musulmans. L’ironie de ce patronyme n’échappe pas quand on considère son métier actuel de correspondant de guerre à Téhéran. Toutefois, aucune information vérifiable ne permet d’établir un lien entre Siavosh Ghazi et une région spécifique d’Iran ou une origine familiale particulière.

Vingt-huit ans comme correspondant de RFI à Téhéran

Siavosh Ghazi débute sa carrière de correspondant pour Radio France Internationale (RFI) à Téhéran en janvier 1998, poste qu’il occupe depuis vingt-huit ans sans interruption. Cette longévité exceptionnelle témoigne de sa connaissance intime de la société iranienne et de sa capacité à naviguer dans un environnement médiatique et politique extrêmement contraint.

Durant ces trois décennies, il couvre tous les domaines de l’actualité iranienne : politique intérieure, tensions diplomatiques, programme nucléaire, manifestations de rue, situation économique, vie quotidienne des Iraniens. Son impartialité professionnelle lui permet de citer les déclarations officielles sans les commenter, une neutralité indispensable pour continuer à exercer dans un pays où toute critique peut entraîner arrestation et emprisonnement.

Il a notamment couvert les manifestations contre la vie chère en décembre 2017 et janvier 2018, le séisme dévastateur de Kermanshah en novembre 2017 (plus de 400 morts), les tensions autour du programme balistique iranien et les négociations sur l’accord nucléaire. Il a également consacré des reportages aux Français retenus en otage en Iran, notamment Cécile Kohler et Jacques Paris.

Journaliste AFP et formation à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Parallèlement à son activité de correspondant radio, Siavosh Ghazi travaille pour l’Agence France-Presse (AFP) de 2002 à juin 2018, soit seize ans et demi. Cette double casquette radio-agence renforce sa légitimité et sa crédibilité auprès des rédactions francophones.

Il est diplômé d’un master de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, prestigieuse institution parisienne spécialisée en sciences humaines et sociales. Cette formation académique française explique sa parfaite maîtrise du français et sa compréhension des attentes éditoriales des médias francophones. Elle lui confère également une méthodologie rigoureuse dans le traitement de l’information.

Depuis janvier 2020, il devient officiellement correspondant de France 24 à Téhéran, s’ajoutant à ses fonctions pour RFI. Cette collaboration avec la chaîne d’information internationale française lui permet d’intervenir régulièrement en direct à l’antenne pour commenter l’actualité iranienne en images.

Mars 2026 : correspondant de guerre sous les bombardements

En mars 2026, Siavosh Ghazi se retrouve propulsé au rang de correspondant de guerre après le déclenchement, le 28 février, de frappes américano-israéliennes massives contre l’Iran. Il devient alors l’un des seuls journalistes francophones sur place à témoigner de l’ampleur des bombardements et de leurs conséquences sur la population civile.

Le 3 mars 2026, il rapporte en direct sur France 24 que l’ancien bâtiment du parlement iranien, proche du palais présidentiel et du secteur du guide suprême, a été visé par les frappes israéliennes. Il témoigne également de l’évacuation demandée par l’armée israélienne autour de la prison d’Evin à Téhéran, symbole de la répression du régime où sont détenus de nombreux prisonniers politiques et journalistes.

Il décrit une capitale iranienne désertée, la population terrée chez elle, le contrôle sécuritaire renforcé pour empêcher toute tentative de relance du mouvement de contestation. Il rapporte que l’économie est paralysée, avec des conséquences dramatiques sur les classes les plus pauvres. Avec un sang-froid extraordinaire, il témoigne sous les bombes qui pleuvent sur Téhéran depuis plusieurs jours.

Sollicité par tous les médias francophones

Durant la crise de mars 2026, Siavosh Ghazi intervient pour de nombreux médias francophones qui le sollicitent en urgence : AFP, France Inter, BFM TV, France 24, RFI, RTS (Radio-télévision suisse) et Radio Canada. Cette polyvalence témoigne de sa reconnaissance professionnelle dans l’ensemble du monde médiatique francophone.

Radio Canada diffuse le 3 mars 2026 une émission spéciale “Siavosh Ghazi, journaliste à Téhéran : Suivi de la situation en Iran” où il fait le point sur l’évolution du conflit. La RTS suisse le fait également intervenir pour raconter ce qu’il vit sur place. France 24 le fait intervenir en direct à plusieurs reprises dans la journée du 3 mars pour commenter les frappes en temps réel.

Depuis 2010, il signe des dépêches pour l’AFP sur des sujets aussi variés que les débats télévisés iraniens, les manifestations de rue ou le programme nucléaire. En janvier 2018, il donne la parole à la télévision d’État iranienne qui, pour la première fois depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, accorde un espace médiatique à l’opposition. Cette couverture nuancée illustre sa volonté de montrer toutes les facettes de la société iranienne.

Bien qu’aucune page Wikipedia francophone ne lui soit actuellement consacrée, son parcours professionnel et sa couverture courageuse du conflit iranien de 2026 en font une figure incontournable du journalisme francophone au Moyen-Orient. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 129 journalistes ont été tués en 2025 dans des zones de guerre, un triste record qui rappelle les risques mortels que prennent des reporters comme Siavosh Ghazi pour informer le public.

By Sophie Laurent

Journaliste People & Télévision 10 ans de couverture exclusive des célébrités TV et cinéma. Ancienne correspondante Cannes pour Télé 7 Jours. Réseau privilégié dans le milieu artistique français.