4 Apr 2026, Sat

Ouaihid Ben Faïza : le narcotrafiquant d’origine tunisienne, figure du clan familial de La Courneuve

Ouaihid Ben Faïza, un narcotrafiquant français d'origine tunisienne

Ouaihid Ben Faïza, né en 1973 et âgé de 52 ans, est un narcotrafiquant français d’origine tunisienne qui a régné avec sa famille sur le trafic de stupéfiants en Seine-Saint-Denis au début des années 2000. Issu d’une fratrie de dix enfants, le clan Ben Faïza a établi son fief au pied de la tour HLM Balzac à La Courneuve, générant plusieurs millions d’euros de revenus annuels avant les condamnations successives des membres de la famille.

Des origines tunisiennes et une fratrie de dix enfants

Le fief de la tour Balzac

Ouaihid Ben Faïza a régné avec sa famille au début des années 2000 sur le trafic de drogue en Seine-Saint-Denis, et notamment dans le secteur de la tour Balzac à La Courneuve, quartier constituant la base territoriale du clan. La fratrie d’origine tunisienne compte dix enfants qui ont eu d’importants démêlés avec la justice.

Un acteur majeur du narcotrafic

Il fut l’un des principaux acteurs du narcotrafic dans le département au début des années 2000, opérant depuis le secteur de la tour HLM Balzac servant de territoire de prédilection à cette famille nombreuse d’origine tunisienne.

Des racines familiales peu documentées

Aucune source ne précise le parcours migratoire de ses parents depuis la Tunisie, ni leur date d’arrivée en France ou leur installation initiale à La Courneuve. Cette famille nombreuse de dix enfants s’est progressivement structurée autour d’un réseau familial de trafic de stupéfiants particulièrement organisé.

Un réseau familial structuré et violent

Une organisation internationale

Le fonctionnement du réseau dirigé par l’aîné, patron intransigeant, est détaillé. Il est en lien direct avec un fournisseur maghrébin installé aux Pays-Bas, ainsi qu’avec des vendeurs basés au Maroc. Très exigeant sur la qualité du produit acheté – notamment l’Amnesia, une variété de cannabis très puissante –, il renvoie la marchandise quand elle ne correspond pas à ses critères.

Des profits colossaux

Des voitures truffées de cachettes font régulièrement des allers-retours entre la Seine-Saint-Denis et Rotterdam (Pays-Bas), chargées de 100 à 250 kg d’herbe ou de résine de cannabis. Ce commerce rapporte 1,8 million d’euros en 2009, et 3,5 millions d’euros en 2010. Cet argent sert à investir dans des achats immobiliers en Tunisie et dans une sandwicherie d’Aubervilliers.

Un territoire conquis par la violence

En 2003, pour s’imposer sur le réseau, le plus jeune frère Sofiane Ben Faïza, alors âgé de 13 ans, tire sur un adolescent de 16 ans, Kamel Houmani, le paralysant à vie. Pour apaiser les tensions, les deux familles concluent un accord permettant le partage de certains halls d’immeubles pour la vente de stupéfiants.

Un parcours criminel marqué par une évasion spectaculaire

Des condamnations successives

À 52 ans, Ouaihid Ben Faïza a été condamné en 2012 pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Déjà condamné à trois ans de prison en 1996, puis à six ans en 2003, il est jugé en 2012 devant le tribunal correctionnel de Bobigny et condamné à huit ans de prison.

L’évasion de l’hôpital en 2014

Le 4 juin 2014, il s’évade spectaculairement lors d’un rendez-vous médical à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis. Un commando armé de quatre à cinq individus débarque, menaçant le personnel avant de libérer le prisonnier. Un titre questionne : “Qui est le parrain de la drogue libéré par un commando armé”. Cette évasion spectaculaire est largement couverte médiatiquement.

Une arrestation rapide et une peine alourdie

Son arrestation deux semaines plus tard au Blanc-Mesnil, devant l’hôtel où il se cachait, est rapportée. Il écope de huit ans de prison supplémentaires. En novembre 2025, il est révélé qu’incarcéré au quartier de lutte contre la criminalité organisée de Vendin-le-Vieil depuis juillet, il a obtenu une permission de sortie controversée suscitant la sidération du personnel pénitentiaire.

Une polémique sur sa permission de sortie

Les “narcos emprisonnés à Vendin” sont évoqués, cette prison du Pas-de-Calais qui rassemble désormais 100 figures du narcotrafic. Un titre mentionne : “Un profil inquiétant et une sortie qui interroge”, évoquant la polémique entourant cette permission accordée malgré l’avis défavorable du directeur de l’établissement et du parquet.

By Isabelle Petit

Journaliste d'Investigation: Spécialiste des enquêtes people sensibles, 11 ans d'expérience. Ancienne du Figaro et de Closer. Experte en vérification des sources et fact-checking.