18 May 2026, Mon

Mehdi Kessaci : le jeune Marseillais des quartiers nord assassiné à 20 ans

Frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci

Mehdi Kessaci, né en 2005 et assassiné le 13 novembre 2025 à Marseille, était un jeune homme de 20 ans originaire du quartier de Frais-Vallon dans les quartiers nord de Marseille. Frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, il préparait le concours de gardien de la paix lorsqu’il a été abattu en plein jour, victime présumée d’un assassinat d’avertissement visant à faire taire son frère engagé contre le narcotrafic.

Des racines à Frais-Vallon, dans les quartiers nord

Il est établi que la famille Kessaci est implantée à Frais-Vallon, secteur des quartiers nord de Marseille. Le quartier est décrit par ses habitants comme celui d’un jeune homme “beau, mince et souriant”, qui restait à l’écart des problèmes. Les témoignages recueillis auprès du centre social local évoquent un jeune homme éloigné des réseaux de stupéfiants.

Il est également rapporté que les Kessaci ont toujours refusé la violence et se sont engagés pour le bien du quartier. Cette famille marseillaise, ancrée dans les quartiers nord, incarne une résistance aux logiques mafieuses qui gangrènent ces territoires. La tristesse est immense à Frais-Vallon après l’assassinat de Mehdi, témoignant de l’attachement du quartier à cette famille.

Un journaliste spécialiste du milieu criminel nuance toute lecture réductrice : il faut éviter une interprétation trop ethnique, rappelant que les réseaux criminels marseillais regroupent des personnes d’origines comorienne, italienne, corse, algérienne ou tunisienne. Cette précision souligne la diversité des profils présents dans le crime organisé marseillais.

Un aspirant policier sans antécédent judiciaire

Mehdi Kessaci, 20 ans, préparait le concours de gardien de la paix après un premier échec. Sans aucun antécédent judiciaire, il rêvait de porter l’uniforme pour combattre la violence qui avait déjà touché ses proches. Ce jeune homme représentait l’espoir d’une jeunesse marseillaise refusant la fatalité du narcotrafic.

Le 13 novembre 2025, en plein jour, il est abattu dans sa voiture en face du conseil départemental dans le IVe arrondissement, à deux pas du centre-ville. Touché par plusieurs balles de calibre 9 mm tirées par le passager d’une moto retrouvée calcinée quelques heures plus tard en périphérie de Marseille, son assassinat s’apparente à une exécution.

Un observateur étranger qualifie ce meurtre d’acte mafieux à visée terrorisante. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, estime qu’avec cet homicide, le crime organisé franchit un nouveau seuil. Il ne s’agit pas d’un simple règlement de comptes, mais d’une vengeance directe contre son frère Amine.

Une lignée familiale marquée par les violences du trafic

En 2020, Brahim, un autre membre de la famille, est retrouvé calciné dans une voiture. Après cette première tragédie, Amine Kessaci, alors âgé de 17 ans, crée l’association Conscience afin d’accompagner juridiquement et psychologiquement les familles victimes de la violence liée aux trafics. La famille Kessaci a ainsi payé un lourd tribut au narcotrafic marseillais.

Des contenus relayés sur les réseaux sociaux et par l’INA évoquent Mehdi Kessaci comme le frère du militant écologiste et anti-trafic Amine Kessaci. Une tribune signée par ce dernier après l’assassinat de son frère souligne sa détermination intacte, malgré le deuil. Il y affirme poursuivre le combat tant qu’il sera en vie.

Plusieurs titres de presse s’interrogent sur une possible implication de la DZ Mafia dans ce meurtre, évoquant un contrat commandité. D’autres rappellent que la mafia tue, mais que le silence aussi fait des victimes, tandis que de nombreuses réactions politiques et citoyennes témoignent d’un émoi national.

Il est enfin précisé que l’assassinat intervient un mois et demi après la publication du livre d’Amine Kessaci Marseille, essuie tes larmes – Vivre et mourir en terre de narcotrafic, paru le 2 octobre 2025. Pour les enquêteurs, ce meurtre constitue un avertissement direct adressé à Amine, en réponse à ses dénonciations publiques.

By Isabelle Petit

Journaliste d'Investigation: Spécialiste des enquêtes people sensibles, 11 ans d'expérience. Ancienne du Figaro et de Closer. Experte en vérification des sources et fact-checking.