Élue le 28 juillet 2026 avec 302 voix sur 366 suffrages exprimés, Khalida Boufedeche devient la première femme à présider l’Assemblée populaire nationale (APN) depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. Une victoire nette face à ses deux rivaux, Amine Allouche et Rachid Hassani, qui propulse cette élue FLN au troisième rang protocolaire de l’État algérien.
Le mardi 28 juillet 2026, l’Assemblée populaire nationale a élu sa nouvelle présidente au scrutin secret. Députée du Front de libération nationale (FLN) pour la wilaya d’Alger, Khalida Boufedeche a recueilli 302 voix, loin devant Amine Allouche, du Mouvement de la société pour la paix (57 voix), et Rachid Hassani, du Rassemblement pour la culture et la démocratie (7 voix). Cette élection revêt une portée historique : Khalida Boufedeche devient ainsi la première femme à présider l’APN depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, succédant à Brahim Boughali, qui présidait la chambre basse depuis 2021. Ce nouveau statut la place au troisième rang protocolaire de l’État, immédiatement après le président Abdelmadjid Tebboune et le président du Conseil de la nation.
Qui est donc cette médecin de 44 ans qui s’impose comme la nouvelle figure de proue institutionnelle du pays ?
Née le 27 mai 1982, Khalida Boufedeche est aujourd’hui âgée de 44 ans. Mariée et mère de deux filles, elle ne communique en revanche aucune information sur ses origines familiales : à ce jour, aucune source fiable ne documente l’identité ou la profession de ses parents. Rien ne prédestinait pourtant cette diplômée en médecine générale de l’université d’Alger à une trajectoire politique : elle obtient son diplôme en 2008, avant de se spécialiser en 2019 en allergologie et immunologie clinique. Sa carrière débute à l’hôpital d’Aïn Taya, se poursuit au CHU de Beni Messous, avant qu’elle ne prenne la direction d’un service à la Direction de la santé de la wilaya d’Alger, poste qu’elle occupe jusqu’en 2023. En parallèle de cette carrière hospitalière, son engagement politique local a précédé son entrée au Parlement national : un mandat à l’Assemblée communale de Bordj El Bahri de 2012 à 2017, puis un siège à l’Assemblée de wilaya d’Alger dès 2017. Membre du comité central du FLN, elle n’accède à un siège de députée à l’échelle nationale qu’à l’occasion des élections législatives du 2 juillet 2026.
Au-delà du symbole, la fonction confère à Khalida Boufedeche des prérogatives constitutionnelles importantes. Trois des neuf membres du Conseil constitutionnel algérien seront désormais désignés par elle-même, et la Constitution lui accorde la faculté de saisir seule cette instance pour contester la conformité d’un texte de loi avant sa promulgation. À l’occasion de sa prise de fonction, la nouvelle présidente a affiché une volonté de rassemblement au-delà des clivages partisans, se présentant comme la représentante de l’ensemble des députés de l’hémicycle, selon des propos rapportés par la presse algérienne.
L’élection de Khalida Boufedeche intervient dans un contexte paradoxal pour la place des femmes en politique algérienne. Alors qu’elles représentent 49 % de la population, seules 23 femmes ont été élues lors des législatives du 2 juillet 2026, sur un total de 407 sièges, soit à peine 5,6 %. Ce chiffre marque un net recul par rapport aux 38 femmes élues en 2021, et surtout aux 118 élues en 2017, année où un système de quotas était encore en vigueur. Ce scrutin a par ailleurs été marqué par un taux de participation historiquement bas, établi à 21,24 %, du jamais-vu dans le pays. Le FLN, parti de Khalida Boufedeche, est arrivé en tête avec 90 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée.