De son vrai nom Mohamed Reski, Cheb Rezki est né le 19 juin 1976 à Casablanca, au Maroc, une origine marocaine qui a profondément nourri son style musical entre raï traditionnel et sonorités modernes. Icône du raï des années 2000 grâce à son tube “Ana Lghaltan”, il a marqué toute une génération avant de renoncer brutalement à sa carrière artistique en 2011 pour se consacrer entièrement à la religion.
Mohamed Reski, qui deviendra Cheb Rezki, naît à Casablanca et se rapproche de la musique dès l’âge de 7 ans, se produisant régulièrement lors des fêtes organisées par son établissement scolaire. Cette origine marocaine, ancrée dans le tissu culturel casablancais, transparaît dès ses premiers pas artistiques : fasciné par les figures tutélaires du raï que sont Cheb Mami et Cheb Khaled, le jeune Casablancais se façonne peu à peu une identité musicale propre, mêlant sonorités traditionnelles du raï maghrébin et influences plus modernes. En 1994, à seulement 18 ans, il fait le choix décisif d’embrasser une carrière artistique, quittant les scènes scolaires pour l’industrie musicale marocaine.
C’est à la fin des années 1990 que Cheb Rezki connaît une consécration fulgurante grâce à son single et album éponyme “Ana Lghaltan”, qui se vend à plusieurs milliers d’exemplaires et lui ouvre les portes des plus grandes émissions de télévision arabophones. Sa discographie s’étoffe rapidement avec sept albums au total, dont “Oulili Wah” en 1996 et “Ana Assef” en 2000, ponctués de tubes marquants comme “Jat L3endi Jat”, “Li Nbghiha” ou encore “Mazal Nbghik”, des titres qui résonnent encore aujourd’hui dans la mémoire collective du raï maghrébin, bien au-delà des frontières marocaines.
Alors qu’il s’est solidement imposé parmi les nouveaux artistes de raï les plus populaires de sa génération, Cheb Rezki opère en 2011 un virage spectaculaire et inattendu. Il abandonne totalement sa carrière artistique pour se consacrer à un engagement religieux profond, allant jusqu’à renier une grande partie de son travail musical passé. Ce changement radical, documenté à l’époque par une vidéo publiée sur YouTube, marque le début d’une disparition progressive des radars médiatiques pour celui qui devient alors Cheikh Rizki.
Dans cette prise de parole publique de 2011, l’ancien chanteur d’origine marocaine explique sa décision avec des mots empreints d’une intensité spirituelle marquée : il évoque un sentiment de délivrance vis-à-vis de son ancienne vie d’artiste, qu’il associe à une forme d’égarement spirituel dont il se serait libéré grâce à sa foi retrouvée. Ce changement s’accompagne également d’une transformation physique et vestimentaire significative, l’artiste délaissant son look de star du raï pour une apparence associée à sa nouvelle vie religieuse, chéchia et djellaba en tête. Il encourage alors publiquement ses anciens admirateurs à cesser d’écouter ses chansons passées, marquant une rupture totale et assumée avec son ancienne identité artistique.
Malgré son retrait volontaire de la scène publique depuis plus de quinze ans, l’œuvre musicale de ce chanteur originaire de Casablanca continue de circuler largement sur les plateformes de streaming et les réseaux sociaux, où de nombreux internautes redécouvrent régulièrement ses titres emblématiques des années 2000. Son catalogue phonographique, ses masters originaux et ses droits d’auteur sont aujourd’hui gérés et protégés par une structure spécialisée dans la préservation du patrimoine musical nord-africain, garantissant la pérennité de cette œuvre malgré le silence de son créateur.
Considéré comme l’un des piliers incontestés du raï et du patrimoine sonore nord-africain, Cheb Rezki continue d’influencer les nouvelles générations d’artistes de la scène raï marocaine et algérienne, un rayonnement qui dépasse largement ses origines casablancaises pour toucher l’ensemble du Maghreb. Son titre “Ana Al Ghaltan” reste aujourd’hui célébré comme un véritable hymne générationnel, capturant avec justesse les émotions de chagrin et de regret qui ont marqué toute une jeunesse maghrébine des années 2000.