À 11 ans à peine, Tawba El Gharchi a volé la vedette à Monica Bellucci, Benoît Magimel et Hafsia Herzi sur les marches du Palais des festivals de Cannes le 22 mai 2026. Sa première apparition au cinéma dans Histoires de la nuit, le nouveau film de Léa Mysius en compétition officielle pour la Palme d’Or, a provoqué l’enthousiasme unanime de la critique. Portrait d’une toute jeune actrice dont le prénom arabe et le patronyme nord-africain trahissent des origines que les médias français commencent seulement à découvrir.
Tawba El Gharchi n’a pas encore livré de déclarations publiques sur ses origines familiales, son âge ne lui permettant pas encore de gérer seule sa présence médiatique. Son prénom, Tawba, est d’origine arabe et porte une signification profondément ancrée dans la tradition islamique : il désigne l’acte de repentance sincère ou le retour vers Dieu. Ce prénom est principalement utilisé en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte et parmi les communautés arabophones de France. Son patronyme El Gharchi est quant à lui de consonance arabo-berbère, typique des familles originaires du Maghreb. Ces éléments onomastiques évoquent avec force des origines nord-africaines, une identité que l’on retrouve naturellement dans le paysage des familles de la diaspora maghrébine installées en France.
Tawba El Gharchi grandit en France. Histoires de la nuit constitue sa toute première apparition devant une caméra. Aucune formation artistique préalable ni aucun rôle antérieur n’est documenté. C’est Léa Mysius qui la repère et lui confie le rôle d’Ida, personnage central du film, avec une conviction immédiate.
Léa Mysius ne cache pas son enthousiasme pour sa jeune actrice. “Je l’ai trouvée dingue tout de suite. Elle a un grand naturel, ce qui n’est pas le cas de tous les enfants et je trouve qu’elle a un truc ultramoderne, sans âge”, confie-t-elle à Franceinfo lors de la présentation du film à Cannes. Dans le film, Tawba incarne Ida, la fille de Nora et Thomas, un couple vivant dans une ferme isolée au milieu des marais français. Son personnage est le fil conducteur émotionnel du film : c’est à travers ses yeux d’enfant que la violence nocturne prend toute sa dimension de conte horrifique.
Le 22 mai 2026, lors de la montée des marches d’Histoires de la nuit, Tawba El Gharchi tient la main de Monica Bellucci sur le tapis rouge, sous les flashs des photographes du monde entier. Après la projection, elle prend spontanément le micro, livrant un discours d’une sincérité désarmante qui émeut la salle : “J’ai pas trop de choses à dire, mais en vrai je suis contente. Je voulais remercier Léa de m’avoir choisie. Je voulais remercier les acteurs, ceux qui étaient trop gentils avec moi et très drôles. Et je remercie tout le monde voilà.” Ce moment de légèreté et d’authenticité enfantine contraste avec la gravité du film et fait instantanément le tour des réseaux sociaux.
Adapté du roman de Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit réunit un casting cinq étoiles : Hafsia Herzi dans le rôle de Nora, Bastien Bouillon dans celui de Thomas, Monica Bellucci en voisine peintre italienne prénommée Cristina, et Benoît Magimel dans le rôle de Franck, un petit mafieux sorti de prison dont l’irruption brutale dans le foyer familial déclenche une nuit de terreur. La critique de Trois Couleurs salue une “belle révélation” pour Tawba, soulignant que “la lumière qui baigne le visage d’Ida dans la pénombre prépare l’importance qu’elle aura dans le dénouement.” Le film sort en salles françaises le 16 septembre 2026.