Laurent Nuñez, né le 19 février 1964 à Bourges, est ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Lecornu II depuis le 12 octobre 2025. Issu d’une famille de pieds-noirs d’origine espagnole andalouse, marié à une femme originaire de Marseille et père de deux filles, ce haut fonctionnaire discret fascine autant par ses racines que par ses positions sur la laïcité et l’islam, qui font polémique en ce début avril 2026.
Laurent Nuñez-Belda est issu d’une famille de pieds-noirs d’origine espagnole ayant quitté l’Andalousie à la fin du XIXe siècle pour s’installer dans la région d’Oran, en Algérie française. Ses parents quittent l’Algérie au moment de l’indépendance et s’établissent à Bourges deux ans avant la naissance de Laurent, guidés par la présence d’une tante, Antoinette, veuve d’un policier, déjà installée dans la ville. La famille pose ses valises dans un immeuble des quartiers nord, que le futur ministre n’a jamais reniés comme point de départ de sa trajectoire républicaine.
Sa mère est institutrice et son père architecte. Entouré de sa sœur jumelle et de son frère cadet, Laurent Nuñez grandit dans un foyer modeste où la tolérance prime sur les revendications identitaires. Il a lui-même insisté, dans plusieurs entretiens, sur l’absence totale de discours pied-noir militant à la maison, une posture familiale qui façonne son attachement indéfectible aux valeurs universalistes de la République. Ses week-ends d’enfant sont rythmés par le football dans le sud du Cher, occupant successivement tous les postes avant de finir libero.
C’est à Bercy, au ministère de l’Économie, que le jeune inspecteur des impôts rencontre celle qui deviendra son épouse, une Marseillaise travaillant également comme fonctionnaire de l’administration fiscale. Père de deux filles, le couple a toujours gardé leur vie familiale à l’écart de toute exposition médiatique. Le prénom de l’épouse n’a été confirmé par aucune source d’autorité à ce jour.
En 2019, Laurent Nuñez confirmait lui-même cet attachement : “J’ai beaucoup d’affection pour Marseille dont est originaire mon épouse.” Son passage comme préfet de police des Bouches-du-Rhône de 2015 à 2017 prend ainsi un relief particulier : la ville n’était pas qu’un poste dans une carrière, c’était aussi une part de son histoire conjugale. C’est également à Marseille qu’il devient supporter indéfectible de l’OM, passion qu’il partage avec son soutien au Real Madrid et au Bourges Foot 18.
La religion personnelle de Laurent Nuñez n’a jamais été évoquée dans aucune interview ni documentée par aucune source d’autorité. Ses origines familiales espagnoles et pieds-noirs s’inscrivent historiquement dans une tradition catholique, mais il n’a jamais fait de déclaration publique sur ce sujet.
Ce qui est documenté en revanche, c’est sa position politique sur la place de l’islam en France, qui fait l’objet d’une vive controverse ce 2 avril 2026. Lors d’une allocution prononcée le 12 mars depuis la Grande Mosquée de Paris, le ministre a affirmé qu’il ne soutiendrait pas une interdiction du port du voile pour les mineures dans l’espace public, invoquant les principes républicains et rejetant toute stigmatisation. “Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre-ensemble républicain”, a-t-il déclaré.
Marine Le Pen a vivement réagi, accusant le ministre de “s’aligner sur les positions communautaristes de l’extrême-gauche” et de “fragiliser le pacte républicain en s’attaquant à un de ses piliers fondamentaux, la laïcité”. De son côté, Laurent Nuñez a affirmé que considérer l’islam comme incompatible avec la République était “tout simplement inaudible”, inscrivant sa démarche dans une logique de dialogue et de lutte ciblée contre l’islamisme radical, qu’il distingue fermement de la pratique religieuse ordinaire.
Après un DESS à l’université de Tours et un passage comme inspecteur des impôts, Laurent Nuñez intègre l’ENA en 1997, promotion Cyrano-de-Bergerac. Sa carrière dans la sécurité intérieure est jalonnée de postes stratégiques : directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis, sous-préfet de Bayonne, préfet de police des Bouches-du-Rhône, directeur général de la DGSI de 2017 à 2018, secrétaire d’État à l’Intérieur de 2018 à 2020, préfet de police de Paris de 2022 à 2025, avant sa nomination comme ministre de l’Intérieur le 12 octobre 2025 dans le gouvernement Lecornu II.