6 Apr 2026, Mon

Bally Bagayoko : origines maliennes et parents du maire de Saint-Denis

Bally Bagayoko, est maire de Saint-Denis depuis le 21 mars 2026

Bally Bagayoko, né le 31 juillet 1973 à Levallois-Perret de parents maliens, est maire de Saint-Denis depuis le 21 mars 2026. Si son parcours politique et sportif est désormais bien documenté, ses origines familiales et l’identité de ses parents restent peu connues du grand public. Portrait de ses racines maliennes.

Bally Bagayoko : parents et origines familiales

Des parents originaires du village de Gouni, région de Koulikoro

Ses parents sont d’origine malienne, originaires du village de Gouni, situé dans la région de Koulikoro, sur la rive droite du fleuve Niger. Ce village au nord-ouest de Bamako constitue le berceau familial des Bagayoko. Ni les prénoms ni les professions de ses parents n’ont jamais été évoqués dans aucune interview ni déclaration publique. Bally Bagayoko évoque simplement une famille “nombreuse et heureuse”, sans jamais exposer ses proches médiatiquement.

Une famille de la caste des forgerons au Mali

En mars 2026, lors d’une interview sur Radio Nova, Bally Bagayoko lève lui-même un coin du voile sur l’identité sociale de sa famille : “La famille Bagayoko est une grande famille, qui est plutôt située dans ce qu’on appelle les forgerons. C’est une caste qui est plutôt issue de la noblesse au Mali.” Il précise immédiatement que les membres de cette caste sont “des gens très engagés dans le bien commun.” Il mentionne également un oncle ayant exercé des responsabilités politiques en tant que gouverneur du Mali. Au Mali, la caste des forgerons occupe une place à part dans la société mandé : artisans du métal et du bois, mais aussi dépositaires de savoirs ancestraux, ils jouent historiquement un rôle de médiateurs dans les communautés.

Le nom Bagayoko : un patronyme d’Afrique de l’Ouest

Le patronyme Bagayoko, également orthographié Bagayogo, est répandu dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Selon Seydou Oumar Traoré, journaliste malien et directeur de Radio Baoulé FM, ce nom viendrait du soninké et signifierait “l’homme au boubou bleu.” Il est associé à des familles appartenant à des lignées nobles ou artisanales de la région sahélienne.

Une enfance dyonisienne ancrée dans les quartiers populaires

Grandi dans les HLM du Franc-Moisin à Saint-Denis

Bally Bagayoko est issu d’une famille nombreuse d’origine malienne et a grandi à Saint-Denis. C’est le quartier du Franc-Moisin, dans le nord de la ville, qui l’accueille dès l’enfance. Il y grandit dans des logements sociaux, au contact d’une population aux origines multiples. À 15 ans, il travaille comme vendeur sur le marché du centre-ville, expérience qu’il évoque comme fondatrice de sa compréhension des réalités économiques des habitants.

Une double culture franco-malienne assumée

Français de naissance, porteur d’une culture familiale malienne transmise par ses parents, Bally Bagayoko incarne cette génération issue de l’immigration africaine des années 1970. Il n’a jamais fait de ses origines un argument de campagne, préférant mettre en avant son enracinement dans la ville et son expérience de cadre au service public. “Un enfant de la ville, issu de nos quartiers populaires”, comme il se définit lui-même, dont la trajectoire personnelle est indissociable de celle de Saint-Denis.

La polémique sur ses origines et les attaques racistes

Depuis son élection, Bally Bagayoko est la cible de campagnes de désinformation et d’attaques racistes à répétition. La révélation de ses origines nobles au Mali a alimenté une nouvelle controverse début avril 2026, certains médias d’extrême droite cherchant à construire une contradiction entre ses origines familiales et son discours de représentant des quartiers populaires. À la suite de sa plainte pour propos racistes tenus sur un plateau télévisé, la justice française a ouvert des poursuites pour injure publique à caractère discriminatoire. Pour Bally Bagayoko, ces attaques illustrent la difficulté de certains milieux à accepter “qu’un enfant de la ville, issu de nos quartiers populaires, puisse être appelé aux responsabilités pour la collectivité.”

By Camille Rousseau

Journaliste politique et médias, 7 ans d'expérience à France Info. Spécialiste des personnalités politiques et journalistiques. Sciences Po Paris, Master Journalisme.