Walid Acherchour, né le 23 septembre 1993 en Seine-Saint-Denis, est aujourd’hui l’un des commentateurs et chroniqueurs football les plus reconnus de France, présent sur DAZN, RMC et Winamax. Ses origines algériennes, son enfance dans les quartiers populaires de Saint-Denis et une trajectoire construite sans diplôme ni réseau établi font de lui une figure atypique du paysage médiatique sportif français.
Walid Acherchour grandit à Saint-Denis, dans ce département qui a vu naître tant de figures du sport et de la culture française. Stanois d’origine, il est profondément attaché à ce territoire qu’il revendique publiquement.
Son père, Boualem Acherchour, est chauffeur de taxi depuis près de quarante ans. C’est lui qui emmène le jeune Walid, à peine cinq ans, assister à son tout premier match au Stade de France le 28 janvier 1998, pour France-Espagne, à quelques centaines de mètres de leur domicile familial. Grâce à un oncle travaillant dans le secteur des boissons, le père et le fils enchaînent ensuite les rencontres historiques : plusieurs matchs du Mondial 1998, les qualifications pour l’Euro 2000, des finales de Coupe de France. Boualem Acherchour a confié avoir très vite été frappé par les connaissances hors normes de son fils, “qui savait même où jouait le remplaçant de la Bulgarie”, mais aussi par ses “fulgurances” sur le terrain, alternant séquences brillantes et passages à vide.
Les origines algériennes de Walid Acherchour traversent ses prises de position publiques, notamment sur la Coupe d’Afrique des Nations, compétition qu’il commente avec une connaissance et un affect particuliers. “L’Algérie, c’est le Brésil d’Afrique”, a-t-il déclaré lors de la CAN 2025, résumant en une formule son rapport émotionnel au pays. Adolescent, il évolue en club à Pierrefitte, puis au FCMA d’Aubervilliers aux côtés de Haris Belkebla, et même brièvement au PSG en jeunes, avant que le grand terrain ne lui résiste.
Walid Acherchour effectue un bac professionnel commerce, puis intègre une école de radio avant de se réorienter à l’Institut européen de journalisme. Entre ces deux étapes, il multiplie les emplois alimentaires : livraisons, vente, surveillance dans un lycée de son quartier. Ses proches l’ont longtemps poussé à transformer sa passion du football en trajectoire professionnelle, une orientation qu’il finira par embrasser pleinement malgré les doutes initiaux sur sa légitimité dans ce milieu.
Il quitte l’Institut européen de journalisme en deuxième année pour se lancer directement. Ses premières missions l’amènent auprès de Matteu Maestracci sur France Info, lors de la finale de la Coupe d’Afrique 2017, puis sur le plateau de CNews pour une collaboration qui s’étend jusqu’au terme de la Coupe du Monde 2018. Ces piges ne lui permettent pas de vivre : il continue à travailler en parallèle. “Quand je pigeais à CNews et à France Info, je n’en vivais pas”, a-t-il confié publiquement. La détermination prime malgré tout : “À force de mental et grâce à l’entourage, tu réussis à franchir les étapes.”
Avec trois collègues issus de cette période CNews, Romain Beddouk, Bilal Achour-Tani et Samuel Vaslin, il cofonde Le Club des 5, une émission diffusée par Winamax dans le Winamax FC. Le format, inspiré de l’univers du basket et de la culture digitale, capte rapidement une audience jeune et engagée, lassée des consultants télévisés déconnectés du jeu réel. C’est Daniel Riolo qui, après avoir croisé Walid sur une web-radio, transmet son nom à la direction de RMC.
En 2020, Walid Acherchour intègre l’émission After Foot de RMC Sport, où il remplace Jérôme Rothen en tant que chroniqueur, aux côtés de Daniel Riolo et Houssem Loussaief. Sa liberté de ton, ses analyses tranchées et son ancrage dans la culture des quartiers populaires lui valent une fidélisation rapide des auditeurs. En avril 2025, il suspend temporairement sa participation à l’émission après un débat qu’il juge mal cadré sur les dérives communautaristes dans le sport, avant de revenir quelques semaines plus tard, accueilli chaleureusement par Riolo à l’antenne.
En 2024, il rejoint l’équipe de DAZN comme chroniqueur et commentateur, alors même qu’il avait publiquement critiqué les tarifs de la plateforme un mois plus tôt. C’est un coup de téléphone de Jamel Debbouze qui facilite cette arrivée, à laquelle il ne s’attendait pas lui-même. Il reconnaît s’être imposé de supprimer certains anciens messages critiques sur X par respect pour son nouvel employeur, tout en assurant conserver une totale liberté de ton.