Le colonel Peer de Jong, cofondateur de l’Institut Themiis et ancien aide de camp de François Mitterrand et Jacques Chirac, est né d’un père néerlandais légionnaire et d’une mère bretonne plieuse de parachutes originaire de Landerneau dans le Finistère. Cette double origine néerlando-bretonne forge son identité et explique son attachement viscéral à la Bretagne. Entré dans l’armée en 1971 à 18 ans, il devient le 113e chef de corps du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes entre 1997 et 1999, où il impose la cornemuse et le Gwenn ha du comme symboles identitaires. Breveté de l’École de Guerre (103e promotion), titulaire d’un doctorat en science politique et diplômé de l’ESSEC, il quitte l’armée en 2000 après trente ans de service pour rejoindre le secteur privé en Asie.
Peer de Jong naît de l’union d’un père néerlandais légionnaire et d’une mère bretonne plieuse de parachutes. Son père, de nationalité hollandaise, sert dans la Légion étrangère française, incarnant cette tradition séculaire d’engagement militaire qui attire des volontaires du monde entier. Sa mère, originaire de Landerneau dans le Finistère, travaille comme plieuse de parachutes, métier technique essentiel dans l’armée de l’air française de l’époque.
Par sa grand-mère maternelle, native du Léon (région du nord-ouest du Finistère), il hérite d’une tradition bretonne très forte qui marquera profondément son parcours militaire. Le patronyme De Jong, d’origine flamande ou hollandaise, signifie “le jeune” et servait historiquement de surnom pour différencier le fils du père dans les familles néerlandaises.
Vannes devient sa “ville de cœur”, joyau où tous ses enfants reviendront s’installer, attirés par cet art de vivre breton qu’il leur a transmis.
Peer de Jong entre dans l’armée française en 1971 à l’âge de 18 ans comme simple soldat. “Je n’oublie pas que j’y suis rentré comme soldat. C’est la République qui m’a fait”, confiera-t-il en 2023. Sa carrière opérationnelle le mène dans les DOM-TOM, en Afrique et en Bosnie, où il réalise de nombreuses missions de terrain.
Après avoir occupé le poste de chef de cabinet de plusieurs généraux, il obtient son brevet de l’École de Guerre au sein de la prestigieuse 103e promotion. De 1994 à 1995, il devient aide de camp du président François Mitterrand, puis de Jacques Chirac entre 1995 et 1997. À 41 ans, il gère l’agenda officiel du président, prépare les voyages officiels, assure la liaison avec les armées sur le dossier de la dissuasion nucléaire, et dort dans un appartement à proximité de l’Élysée. Cette expérience exceptionnelle fera l’objet de son livre “Vous n’oublierez rien, Colonel” publié chez Tallandier en 2017.
Entre 1997 et 1999, Peer de Jong devient le 113e chef de corps du 3e régiment d’infanterie de marine (Rima) de Vannes. Il y accomplit une révolution culturelle en imposant deux symboles identitaires bretons : la cornemuse et le Gwenn ha du (drapeau breton noir et blanc).
Lorsque le régiment de la reine à Châteaulin est dissous, il “fait un caprice” pour récupérer une cornemuse. Il assume pleinement cette bretonnisation : “C’est moi qui y ai mis le Gwenn ha du, j’ai bretonnisé le 3e Rima et j’en suis fier, car c’est d’abord un élément de cohésion et ça marque son ancrage.” Bien que deux tiers des soldats ne soient pas bretons, ils adhèrent au son de cet “instrument de combat”.
En juillet 2000, en désaccord avec la réorganisation des armées, Peer de Jong remet sa démission après trente ans d’engagement. Il part pendant huit ans en Asie, devenant vice-président Asie d’Infogrames en charge du Japon, de la Corée, de Taïwan, de la Chine et de l’Australie.
Il devient président de la Chambre franco-malaisienne de Kuala Lumpur et directeur du Forum francophone des affaires. Parallèlement, il obtient un diplôme de management général à l’ESSEC et achève son doctorat en science politique sur la géopolitique vietnamienne. Polyglotte, il étudie le chinois, le japonais, l’arabe et l’anglais.
Depuis 2003, il conseille la société Asia Now Holdings basée à Hong Kong, assistant les entreprises européennes à pénétrer le marché asiatique par des stratégies d’influence.
Aujourd’hui, Peer de Jong est cofondateur de l’Institut Themiis, une ESSD (Entreprise de services de sécurité et de défense) centrée sur la formation des armées africaines. Depuis plus de dix ans, il enseigne l’évolution des sociétés militaires privées à l’École de Guerre économique de Paris et à l’Institut Catholique de Paris auprès d’étudiants de Master 2 en relations internationales.
Son livre “Agir entre les lignes. Sociétés militaires privées. Wagner, Blackwater, Mozart et les autres”, publié chez Mareuil Éditions en mars 2023, lui vaut le Prix Honoré d’Estienne d’Orves en 2024. En 2025, il coécrit avec Raphaëlle Auclert “Poutine, Lord of War”, plongée au cœur de la vision de la guerre imposée par le chef du Kremlin.
Chevalier de la Légion d’honneur française, commandant de l’Ordre marocain du Ouissam Alaouite, décoré par la Tunisie, la Pologne et Brunei, le colonel Peer de Jong avoue en 2023 : “Depuis que j’ai quitté l’armée, tous mes rêves se font en kaki. C’est incroyable ! Une espèce de maladie que j’ai. On ne peut changer les rayures d’un zèbre.”