28 Jun 2026, Sun

AJ Dybantsa : origines, parents et portrait du numéro 1 de la Draft NBA 2026 aux liens franco-congolais

AJ Dybantsa, joueur de basket américain

Anicet “AJ” Dybantsa Jr, né le 29 janvier 2007 à Boston, est le premier choix de la Draft NBA 2026, sélectionné par les Washington Wizards dans la nuit du 23 au 24 juin au Barclays Center de New York. À 19 ans, ailier de 2,06 m sorti de l’université de BYU, il signe un contrat rookie de quatre ans pour 67 millions de dollars. Mais derrière le phénomène américain se cache une histoire familiale riche et multiple : un père congolais qui a grandi à Grigny en Essonne, une mère jamaïcaine, et un enfant qui a découvert la France plus d’une dizaine de fois.

AJ Dybantsa : origine et parents

Un père congolais passé par Grigny pendant huit ans

Le père d’AJ Dybantsa, Anicet “Ace” Dybantsa, est né au Congo-Brazzaville à la fin des années 1960. Adolescent, il arrive en France en 1980 et y vit pendant huit ans, passant par Tours, Compiègne, Épinal et surtout Grigny, en Essonne, où il passe le plus clair de son temps. “Je me faisais virer à gauche et à droite… l’école, à l’époque, c’était terrible”, confie-t-il avec le recul de l’humour à BeBasket depuis le quatrième arrondissement de Paris. En janvier 1989, il quitte la France pour Boston, où il joue au football au Massasoit Community College. C’est dans la capitale du Massachusetts qu’il rencontre Chelsea Hudson, originaire de la Jamaïque, qui deviendra la mère de ses enfants.

Une mère jamaïcaine, un fils boston-congolo-jamaïcain

AJ Dybantsa est donc né d’une mère jamaïcaine, Chelsea Hudson Dybantsa, et d’un père congolais. Il a deux sœurs. “J’ai envie de retourner” au Congo, confie-t-il à RFI en juin 2026, précisant qu’il s’y est rendu plusieurs fois dans sa jeunesse. Il regrette cependant de ne parler aucun mot de lingala. Sa fondation personnelle propose des bourses d’études en Afrique, notamment au Congo et en Jamaïque, témoignant d’un attachement profond à ces deux racines.

Vacances à Trappes, tournée à Grigny : un lien réel avec la France

AJ Dybantsa est venu en France plus d’une dizaine de fois. Il se souvient notamment de longs séjours à Trappes, dans les Yvelines, chez les cousines de son père, et particulièrement de l’été 2018, lors de la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde, où il était resté un mois. En juin 2026, quelques semaines avant la Draft, il effectue une tournée parisienne dense : match à Roland-Garros, demi-finale de Betclic Élite entre Paris Basketball et Cholet, camp d’entraînement avec des jeunes de Grigny, opérations de sponsoring. Ce séjour parisien était autant un retour aux sources paternelles qu’une opération marketing, les deux dimensions étant indissociables pour lui et son père.

Un père aussi agent, une méthode d’éducation hors norme

Ace Dybantsa ne se contente pas d’être le père d’AJ : il est aussi son agent, entouré d’une équipe de conseillers, d’un avocat et d’un expert financier. “Pourquoi engager un agent pour me dire ce que je sais déjà ?”, justifiait-il avant la Draft. Sa méthode éducative est restée dans les mémoires : lorsqu’AJ ramène un “C-” à l’école, son père l’emmène six heures de voiture jusqu’à Philadelphie pour un tournoi de basket, le laisse sur le banc tout le weekend, et rentre sans qu’il ait joué une seule minute. Depuis ce jour, AJ n’a plus obtenu que des B ou des A. Les 100 pompes quotidiennes, les entraînements intensifiés pendant le confinement où AJ grandit de plus de dix centimètres en trois mois, l’installation d’un panier dans le jardin de Brockton : tout est documenté et assumé par le père, qui tire de ses années en France une philosophie transmise à ses enfants. “L’Europe et la France nous ont appris le travail acharné, le respect des aînés et l’aide de son prochain.”

Premier choix de la Draft, 67 millions de dollars et futur coéquipier des Français

Avec le premier choix de la Draft NBA 2026, les Washington Wizards sélectionnent AJ Dybantsa, de l’université de BYU. Il signera un contrat rookie de quatre ans d’une valeur de 67,1 millions de dollars, dont 14,8 millions pour la première saison. À Washington, il rejoindra deux coéquipiers français : Bilal Coulibaly, sélectionné en 7e position de la Draft 2023, et Alexandre Sarr, 2e choix de la Draft 2024. Lors de sa saison universitaire à BYU, Dybantsa a terminé meilleur marqueur de la NCAA avec 25,5 points, 6,8 rebonds et 3,7 passes décisives de moyenne, à 51 % au tir. Il déclare vouloir participer aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028 et affirme depuis des années : “Ça fait 5-6 ans que je sais que je serai numéro 1 de la Draft.”