Paul Denis Navero, dit Paul Dena, 23 ans, a vécu le 12 juin 2026 la pire soirée de sa jeune carrière professionnelle. En main event de l’Hexagone MMA 45 à la LDLC Arena de Lyon, le combattant rennais le plus suivi de sa génération a été mis K.-O. dès le premier round par Anzor Baybatyrov, mettant fin à son invincibilité professionnelle (3-0) dans un combat attendu depuis trois ans. Retour sur les origines, l’âge et le parcours hors norme de celui qui s’est construit une communauté de près de 460 000 abonnés avant même de devenir professionnel.
Paul Denis Navero est né en 2002 à Rennes, en Ille-et-Vilaine. Il a 23 ans en 2026. Son patronyme Navero, de consonance ibérique, pourrait évoquer des racines familiales du sud de l’Europe, mais Paul Dena n’a jamais évoqué publiquement ses origines familiales dans aucune interview documentée. Sa biographie publique se concentre exclusivement sur son parcours sportif et personnel, sans qu’aucune information sur l’histoire de ses parents au-delà de leur lieu de résidence en Bretagne n’ait été communiquée. “Dena” est la contraction de son nom complet, Denis Navero, devenu son surnom de combat et son identité médiatique.
Paul Dena débute le judo à l’âge de quatre ans à Rennes. Il poursuit ensuite pendant neuf ans la pratique de l’hapkido, art martial coréen spectaculaire mêlant coups de pied sautés et techniques à l’éventail, jusqu’à l’obtention de sa ceinture noire. Il complète cette formation par la lutte olympique. C’est à 16 ans, en visionnant le biopic Notorious consacré à Conor McGregor, que le déclic se produit : Paul Dena décide alors de consacrer sa vie au MMA, au grand dam de ses parents qui l’imaginaient plutôt suivre des études après son bac scientifique.
À 18 ans, Paul Dena part seul en Irlande pour s’entraîner au Straight Blast Gym, le fief de Conor McGregor. Il y travaille comme garçon au pair pour se loger, parcourant chaque soir 45 minutes à vélo sous la pluie irlandaise pour rejoindre la salle. John Kavanagh, entraîneur historique de McGregor, l’autorise à s’entraîner avec les professionnels. “J’apprenais ce qu’était le MMA en me mesurant directement à des pros. Mais je faisais vraiment la serpillière, j’étais tout le temps au sol en train de me faire étrangler”, confie-t-il à Ouest-France. La pandémie de Covid-19 met fin à ce séjour.
De retour en France, Paul Dena enchaîne les petits boulots : McDonald’s, food truck, service en brasserie, livraison de véhicules, commercial chez Verisure. Il dort parfois chez un ami sur un bureau, faute de logement stable. En décembre 2022, une fracture du plancher orbital et une commotion cérébrale lors d’un combat amateur l’envoient passer Noël seul à l’hôpital de Rennes. Sa mère le supplie d’arrêter et il s’inscrit même sur Parcoursup. Mais trois mois après sa blessure, il remonte sur le ring.
C’est sur le Your Fight Club (YFC), plateforme de combat diffusée sur la chaîne YouTube d’Ibra TV, que Paul Dena se révèle au grand public. Il y remporte ses deux engagements avec autorité, passant de 3 000 à 50 000 abonnés en une seule vidéo. C’est également là que naît sa rivalité avec Anzor Baybatyrov, qui refuse initialement de l’affronter, alimentant une tension publique pendant deux ans.
Le 12 juin 2026, à la LDLC Arena de Lyon-Décines, Paul Dena affronte enfin Anzor Baybatyrov en main event de l’Hexagone MMA 45, devant une arène de 12 000 places acquise à sa cause. Avant ce combat, le Rennais affichait un record professionnel parfait de 3 victoires, toutes par KO ou TKO, dont le finish le plus rapide de l’histoire de l’organisation, en seulement 5 secondes contre Alex Andrews.
Dès les premières secondes, l’avantage physique d’Anzor Baybatyrov, qui avait pourtant manqué la pesée de 400 grammes, se fait sentir. Ses low kicks répétés font perdre l’équilibre à Paul Dena, avant qu’un enchaînement crochet gauche-droit-gauche ne mette le phénomène français hors d’état de combattre. Dena s’écroule, l’arbitre stoppe immédiatement le combat. “J’habite en France, je suis d’origine tchétchène et je représenterai la France !”, déclare un Anzor au bord des larmes après sa victoire, soulagé d’un grand poids après trois ans d’attente.