Nadia Farès, née le 20 décembre 1968 à Marrakech et décédée le 17 avril 2026 à Paris à 57 ans, portait en elle une double identité culturelle rare dans le paysage du cinéma français. Fille d’un père marocain et d’une mère arménienne, elle a grandi à Nice avant de conquérir les écrans français et internationaux. Après une carrière marquée par Les Rivières pourpres et la série Marseille, c’est un incident cardiaque survenu dans une piscine parisienne qui a mis fin à sa vie.
C’est à Marrakech, au Maroc, que Nadia Farès voit le jour le 20 décembre 1968, d’un père marocain et d’une mère arménienne. Sa famille pose ensuite ses valises à Nice, où l’actrice passe son enfance et son adolescence, avant de rejoindre Paris seule à 18 ans pour tenter sa chance dans le monde artistique. Cette double appartenance culturelle, entre Maghreb et Arménie, constitue le socle de son identité et nourrit une sensibilité particulière qu’elle transpose à l’écran tout au long de sa carrière. Elle évoquait volontiers ce métissage comme une richesse, qui lui permettait d’incarner des personnages à la profondeur peu commune.
Nadia Farès a souvent rendu hommage au rôle central de sa mère arménienne dans sa construction personnelle. La culture arménienne, transmise au quotidien par les gestes, les récits et une éducation à la fois exigeante et affectueuse, forge chez elle une résilience que l’actrice reconnaît comme le moteur de son émancipation. Partir seule à Paris à 18 ans, enchaîner les petits métiers tout en multipliant les castings sans filet de sécurité, rien de tout cela n’aurait été possible sans cet ancrage maternel solide. L’héritage du peuple arménien, marqué par l’adversité et la ténacité, transparaît dans les rôles durs et déterminés qu’elle choisit tout au long de sa carrière.
La famille Farès quitte le Maroc pour s’établir à Nice, où Nadia passe son enfance et le début de son adolescence. À 15 ans, elle fugue avec un homme plus âgé dont elle est amoureuse, une parenthèse rapidement refermée. À 18 ans, c’est seule qu’elle monte à Paris, animée par le rêve d’une carrière artistique. Elle commence par vouloir faire de la chanson son métier, mais c’est le théâtre et le cinéma qui finissent par s’imposer dans sa trajectoire.
Ses premières apparitions à l’écran se font à la télévision, dans Navarro et dans le téléfilm L’Exil en 1991. C’est dans Elles n’oublient jamais de Christopher Frank qu’elle se fait remarquer du grand public en 1994, en incarnant un personnage vénéneux face à Thierry Lhermitte. Elle enchaîne avec Claude Lelouch dans Hommes, femmes : mode d’emploi et Bernie Bonvoisin dans Les Démons de Jésus en 1997, imposant progressivement une image de femme forte et imprévisible.
En 2000, Mathieu Kassovitz lui confie le rôle de Fanny dans Les Rivières pourpres, aux côtés de Jean Reno et Vincent Cassel. Le film est un succès massif en France et à l’international. Nadia Farès y révèle une présence magnétique, une intensité dans le regard qui doit beaucoup, selon elle-même, à ses racines arméniennes. Elle confirme deux ans plus tard dans Nid de guêpes de Florent-Emilio Siri avec Benoît Magimel, puis s’exporte à Hollywood dans Rogue : l’ultime affrontement et Storm Warning.
Au début des années 2000, elle épouse le producteur américain Steve Chasman et s’installe à Los Angeles. Deux filles naissent de leur union, Shana et Cylia. Elle met volontairement sa carrière entre parenthèses pendant près d’une décennie pour se consacrer à sa famille. Son retour en 2016 avec la série Marseille sur Netflix, dans le rôle de Vanessa d’Abrantes, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône aux côtés de Gérard Depardieu, marque une seconde vie artistique. Elle enchaîne ensuite La Promesse, Luther, Chacun sa vie de Claude Lelouch et Toujours possible en 2025. Elle préparait en septembre 2026 le tournage de son premier long-métrage en tant que scénariste et réalisatrice.
Le 11 avril 2026, Nadia Farès est retrouvée inanimée au fond de la piscine du complexe sportif Blanche, dans le IXe arrondissement de Paris. Secourue par deux nageurs et prise en charge par les pompiers, elle est transportée en urgence à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ses filles ont confirmé qu’elle avait été victime d’un incident cardiaque. Elle s’éteint le vendredi 17 avril 2026, après six jours dans le coma. Elle avait confié en début d’année avoir subi une opération du cerveau en 2007 pour un anévrisme, ainsi que plusieurs interventions cardiaques sur une courte période, tout en maintenant une hygiène de vie sportive rigoureuse pour compenser ces fragilités.