Sacha Straub-Kahn, né en avril 1995, est depuis le 11 août 2025 le porte-parole du ministère de la Justice, nommé par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Magistrat de formation, ancien proche de Nicolas Sarkozy, professeur à Sciences Po, il cumule les casquettes et suscite autant d’intérêt pour son nom que pour ses fonctions. Sa famille, ses origines et son éventuel lien avec Dominique Strauss-Kahn alimentent régulièrement les interrogations sur les réseaux sociaux.
Dès sa nomination place Vendôme, le patronyme de Sacha Straub-Kahn attire l’attention. La ressemblance avec le nom de Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du FMI et figure de la gauche française, nourrit des spéculations sur un éventuel lien de parenté. Ces interrogations circulent notamment sur les réseaux sociaux, où certains commentateurs voient dans sa nomination la main d’un “sérail” favorisant les bonnes familles. En réalité, aucune source d’autorité ne documente le moindre lien familial entre Sacha Straub-Kahn et Dominique Strauss-Kahn. Les deux patronymes, bien que phonétiquement proches, appartiennent à des familles distinctes. Sacha Straub-Kahn n’a jamais évoqué publiquement un tel lien, et aucune généalogie commune n’a été établie.
Dans son message publié sur LinkedIn lors de sa prestation de serment devant la cour d’appel de Bordeaux à son entrée à l’ENM, Sacha Straub-Kahn remerciait sobrement “ses parents, ses amis, ses enseignants et ses anciens collègues” pour leur soutien. Ni prénoms, ni professions, ni origines de ses parents ne sont jamais documentés dans les sources disponibles. Il maintient sur sa vie familiale une discrétion totale, cohérente avec la réserve attendue d’un magistrat.
Diplômé du master Carrières Judiciaires et Juridiques de Sciences Po Paris, Sacha Straub-Kahn débute dans la sphère politique. En 2015, il effectue un stage au cabinet de Nicolas Sarkozy aux Républicains. En 2016, pendant la primaire de la droite, il intègre l’équipe de campagne de l’ancien président comme chargé du numérique, de la prospective et de la mobilisation. C’est à cette occasion qu’il se fait remarquer en raillant sur Twitter l’affiche de campagne d’Alain Juppé, sortie le jour de la Toussaint, en la comparant à un “faire-part de décès.” La même année, il cofonde Hexagone Consultants, une société de stratégie de communication digitale à destination des élus locaux et des institutionnels, qu’il dirige jusqu’en 2018.
En janvier 2019, il intègre l’École nationale de la magistrature pour une formation de 32 mois. En 2021, il débute sa carrière en tant que juge placé au sein de la cour d’appel de Paris, exerçant ensuite à Sens, Créteil et Meaux dans diverses fonctions : juge des tutelles, juge d’instruction, juge correctionnel et juge aux affaires familiales. En septembre 2023, il rejoint le tribunal judiciaire de Paris, d’abord aux 16e et 33e chambres spécialisées dans le contentieux terroriste et la criminalité organisée, puis à la 14e chambre correctionnelle. Parallèlement, depuis 2021, il enseigne à Sciences Po en master carrières juridiques et judiciaires et dispense des préparations aux concours de l’ENM.
Le 11 août 2025, Sacha Straub-Kahn prend officiellement ses fonctions de porte-parole du ministère de la Justice place Vendôme, succédant à Cédric Logelin nommé procureur de la République de Besançon. À 30 ans, il est chargé de relayer le ministère auprès des médias, de gérer les relations presse et d’assurer la cohérence de la communication institutionnelle.
Le 8 avril 2026, Le Canard enchaîné le place au cœur d’une vive controverse. L’hebdomadaire affirme qu’il aurait échangé en temps réel avec des journalistes pendant la garde à vue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan le 2 avril 2026, transmettant des éléments relevant normalement du secret de l’instruction. Sacha Straub-Kahn dément fermement ces “allégations mensongères” et annonce avoir déposé plainte en diffamation, précisant que ses échanges avec la presse ne concernent que “les cadres juridiques et procéduraux” des affaires, sans jamais aborder le fond des dossiers. Il indique également avoir déposé une seconde plainte face aux “injures antisémites” dont il est la cible depuis la publication de l’article. De son côté, Gérald Darmanin saisit l’inspection de la justice pour faire la lumière sur ces fuites.