3 Apr 2026, Fri

Romane Miradoli : son mari Julien moniteur de parapente, et une vie reconstruite après un drame

Romane Miradoli, Athlète olympique

Romane Miradoli, née le 10 mars 1994 à Samoëns en Haute-Savoie, est mariée à Julien, moniteur de parapente, qui lui a fait découvrir le vol libre. La skieuse de 31 ans a connu un parcours personnel marqué par la tragédie : en 2016, elle a perdu son compagnon de l’époque dans un accident de wingsuit. Après deux années de reconstruction, elle s’est hissée jusqu’au sommet en décrochant la médaille d’argent du super-G aux JO de Milan-Cortina le 12 février 2026, première médaille olympique en ski alpin féminin pour la France depuis 2002.

Son mari Julien, moniteur de parapente : une passion partagée

Romane Miradoli est mariée à Julien, moniteur de parapente qui lui a transmis sa passion pour le vol libre. Quand j’ai rencontré Julien, mon mari, qui est moniteur de parapente, ça a été assez naturel que j’aille là-dedans, confie-t-elle au Dauphiné Libéré en août 2025. Ensemble, ils s’envolent régulièrement depuis les sites de Samoëns et de Mieussy, en Haute-Savoie, partageant cette passion pour les airs que Julien lui a transmise.

Le parapente est devenu un complément essentiel à sa préparation sportive, une façon de déconnecter loin de la pression des compétitions. La skieuse apprécie cette discipline pour l’exigence qu’elle impose : rester concentrée, consciente de ses limites et ne jamais prendre de risques inconsidérés au décollage ou à l’atterrissage. Un parallèle naturel avec le ski de vitesse, où la lucidité et la maîtrise font aussi la différence entre succès et chute.

Un drame en 2016 : la mort de son compagnon en wingsuit

Avant Julien, Romane Miradoli a traversé l’une des épreuves les plus douloureuses de sa vie. En 2016, son compagnon de l’époque se tue dans un accident de wingsuit. 2017 et 2018 ont été deux années de reconstruction dans ma vie sportive et personnelle, confie-t-elle. Ce drame a profondément marqué la skieuse haut-savoyarde, qui a choisi de se consacrer entièrement à ce qui l’animait pour se relever.

Portée par cette détermination retrouvée, elle décroche en 2017 sa qualification pour ses premiers Championnats du monde. Un an plus tard, elle s’envole pour les JO de Pyeongchang avec la délégation française. La reconstruction était en marche, mais les épreuves ne s’arrêtent pas là : en décembre 2020, elle chute sur la piste de Courchevel et se blesse gravement au genou gauche, s’imposant une longue année d’arrêt.

Un an avant les JO 2026, l’envie d’arrêter

La saison 2024-2025 a été marquée par le doute. J’ai eu le doute, peut-être de la fin de carrière, reconnaît Romane Miradoli. À 30 ans, avec une seule victoire en Coupe du monde à son palmarès, obtenue sur le super-G de Lenzerheide en 2022, elle envisage de tout arrêter. J’ai bien fait de ne pas lâcher, apprécie-t-elle après son sacre olympique.

Sa deuxième place au super-G de Saint-Moritz en décembre 2025 relance tous les espoirs. Lionel Pellicier, directeur de l’équipe de France féminine, avait prévenu dès l’automne : Romane Miradoli arrive à maturité, on vise la médaille pour elle aux JO. Neuf fois championne de France, elle aborde Milan-Cortina en faisant du super-G son objectif prioritaire, d’autant plus après une descente ratée.

Médaille d’argent au super-G des JO 2026

Le 12 février 2026 sur l’Olympia delle Tofane de Cortina d’Ampezzo, Romane Miradoli réalise la course de sa vie. Partie avec le dossard 15 dans un épais brouillard en haut de la piste, la Française maîtrise parfaitement sa descente pour franchir la ligne à 41 centièmes de l’Italienne Federica Brignone, qui décroche l’or à 35 ans après un retour miraculeux d’une double fracture du tibia-péroné. L’Autrichienne Cornelia Huetter complète le podium.

Je n’ai pas les mots, c’est incroyable. J’en ai rêvé, réagit-elle à l’arrivée au micro de France Télévisions. La skieuse confie avoir failli abandonner en cours de semaine après une mauvaise descente, avant de trouver les ressources mentales pour livrer une manche parfaite en super-G. C’est magique, conclut-elle. Cette médaille est la première pour le ski alpin féminin français depuis les JO de Salt Lake City 2002 et représente la huitième médaille de la délégation tricolore à Milan-Cortina.

By Julien Bernard

Spécialiste des personnalités sportives, 8 ans chez L'Équipe Magazine. Expert des transferts football et tennis français. Diplômé ISCPA Sport Business.