Sarah Knafo, 32 ans, députée européenne et compagne d’Éric Zemmour, est née le 24 avril 1993 aux Pavillons-sous-Bois dans une famille juive marocaine. Ses parents, Patrick Knafo, chef d’entreprise dans l’immobilier, et Esther Knafo, hypnothérapeute, ont émigré du Maroc vers la France en 1967 après la guerre des Six Jours. Cette origine berbère marocaine structure profondément l’identité de celle qui dirige aujourd’hui la campagne présidentielle d’Éric Zemmour.
Sarah Knafo voit le jour dans cette commune de banlieue parisienne, située dans le département de Seine-Saint-Denis au nord-est de la capitale. Cette naissance en région parisienne fait d’elle une Française de deuxième génération, ses parents ayant immigré du Maroc 26 ans plus tôt.
La ville, d’environ 22 000 habitants, limitrophe de Bondy et du Blanc-Mesnil, constitue le berceau de cette future femme politique d’extrême droite. Son enfance se déroule dans ce contexte de banlieue, au sein d’une famille décrite comme appartenant à “la petite bourgeoisie séfarade”.
Le père et la mère de Sarah Knafo appartiennent à la communauté juive marocaine installée depuis des siècles au Maghreb. Ils ont quitté le royaume chérifien pour la France en 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours. Ce conflit israélo-arabe de juin 1967 provoque une vague d’émigration massive des Juifs des pays arabes vers la France et Israël.
La famille Knafo vivait à Essaouira, ville côtière du Maroc connue sous le nom colonial de Mogador. Cette cité portuaire de l’Atlantique abritait historiquement une importante communauté juive marocaine, particulièrement influente dans le commerce et l’artisanat.
Les grands-parents de Sarah ont donc dû fuir le Maroc dans ce contexte tendu post-1967. Cette migration contrainte fait partie de l’histoire de centaines de milliers de Juifs séfarades qui quittent l’Afrique du Nord dans les années 1950-1970.
Le père de Sarah se prénomme Patrick Knafo. Il est chef d’entreprise dans le secteur de l’immobilier, gérant plusieurs sociétés. Cette réussite professionnelle témoigne d’une ascension sociale réussie après l’immigration.
Selon le biographe Étienne Girard dans son ouvrage “Le Radicalisé” consacré à Éric Zemmour, Patrick serait ami de longue date avec le polémiste. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire de son père que Sarah aurait rencontré Zemmour en 2007, alors qu’elle n’avait que 14 ans.
Cette amitié entre les deux hommes suggère une proximité idéologique et sociale préexistante à la relation amoureuse. Ils partageaient probablement une vision conservatrice et des origines juives nord-africaines communes.
La mère de Sarah se prénomme Esther. Elle exerce la profession d’hypnothérapeute, spécialité médicale utilisant l’hypnose à des fins thérapeutiques. Cette profession libérale témoigne d’une formation et d’une position sociale confortable.
Le choix du prénom Esther, prénom biblique porté par la reine juive héroïne du livre d’Esther, témoigne de l’attachement familial aux traditions juives. Ce prénom, très courant dans les familles séfarades, marque l’identité religieuse transmise.
Esther et Patrick ont manifestement offert à leur fille une éducation bourgeoise favorisant l’excellence scolaire. Sarah intègre successivement Panthéon-Sorbonne, Sciences Po et l’ENA, parcours d’élite républicaine classique.
Les parents de Sarah lui transmettent des racines berbères marocaines. Les Berbères constituent le peuple autochtone d’Afrique du Nord, présent au royaume depuis l’Antiquité. Les Juifs berbères marocains forment une communauté ancienne, installée au Maghreb depuis plus de 2000 ans.
Essaouira, ville d’origine de la famille, abritait une des plus importantes communautés juives du Maroc. Ces Juifs parlaient l’arabe marocain et le berbère, tout en conservant l’hébreu pour la liturgie. Ils étaient particulièrement présents dans le commerce, l’artisanat et les métiers financiers.
Cette double identité berbère et juive constitue une spécificité de l’histoire marocaine. Ces communautés ont cohabité pendant des siècles avec les Berbères musulmans, développant une culture métissée unique.
L’origine de Sarah présente de nombreux points communs avec celle d’Éric Zemmour. Tous deux sont issus de familles juives berbères d’Afrique du Nord ayant émigré en France après les indépendances. Zemmour est d’origine algérienne et a passé son enfance à Montreuil, commune voisine.
Cette proximité géographique (banlieue parisienne) et culturelle (Juifs séfarades de petite bourgeoisie) explique probablement leur rencontre facilitée par Patrick. Ils partagent une même nostalgie du Maghreb français, une même fierté de l’ascension sociale familiale, et une même vision conservatrice de l’identité nationale.
Cette communauté d’origine forge probablement la complicité intellectuelle et sentimentale du couple, au-delà de la différence d’âge de 38 ans.
Forte de cette éducation bourgeoise et des ambitions parentales, Sarah accomplit un parcours scolaire brillant. Elle intègre l’université Panthéon-Sorbonne, puis Sciences Po Paris, et enfin l’École nationale d’administration, sommet de la méritocratie républicaine française.
En 2020, à seulement 27 ans, elle devient magistrate à la Cour des comptes, institution prestigieuse contrôlant les finances publiques. Cette nomination témoigne de l’excellence de son parcours académique et de sa réussite aux concours les plus sélectifs.
Sarah abandonne sa carrière de magistrate pour se consacrer à la politique aux côtés d’Éric Zemmour. En 2022, elle dirige sa campagne présidentielle, devenant sa principale conseillère et officialisant publiquement leur relation amoureuse.
Lors du scrutin européen de 2024, elle obtient un siège de parlementaire européenne en figurant sur la liste du parti Reconquête menée par Marion Maréchal. À 32 ans, elle siège au Parlement européen au sein du groupe L’Europe des nations souveraines, représentant les idées d’extrême droite souverainiste.
Sarah incarne cette trajectoire paradoxale : issue de l’immigration maghrébine, formée par l’élite républicaine, elle défend aujourd’hui une ligne politique hostile à l’immigration et nostalgique de la France d’avant. Son origine juive marocaine nourrit probablement sa vision identitaire complexe, entre attachement aux racines berbères et rejet du multiculturalisme contemporain.