Pierre de Villiers, général d’armée né le 26 juillet 1956 à Boulogne (Vendée), a été chef d’état-major des armées de 2014 à 2017 avant de démissionner à la suite d’un désaccord budgétaire avec Emmanuel Macron. Loin des projecteurs, cet homme de devoir a bâti en parallèle une vie de famille solide : une épouse, Sabine Touvet, et six enfants nés de cette union.
En 1987, Pierre de Villiers épouse Sabine Marie Pascale Touvet. Il a alors 30 ans. Ce mariage marque le début d’une vie commune rythmée par les affectations militaires successives et les mutations que la carrière d’un officier supérieur impose inévitablement. Lors de sa démission en juillet 2017, Pierre de Villiers évoque lui-même ce dernier déménagement avec sa femme, le décrivant comme particulièrement chargé de sens, étant le tout dernier après des décennies de vie nomade en uniforme.
Sabine de Villiers n’est pas une inconnue dans les cercles catholiques et institutionnels français. Son épouse est la sœur de François Touvet, évêque de Fréjus-Toulon, et de Laurent Touvet, haut fonctionnaire membre du Conseil d’État, directeur général des étrangers en France. Artiste peintre de formation, c’est à elle que Pierre de Villiers a demandé l’autorisation d’écrire son premier livre Servir, paru en 2017 chez Fayard, avant de se mettre au travail. Une image qui dit beaucoup de l’équilibre de ce couple : une femme discrète, mais dont le regard compte.
De ce mariage naissent six enfants : Sophie, Édith, Louis, Jeanne, Alice et Claire. Cinq filles et un garçon, comme le précise Pierre de Villiers lui-même dans un entretien au Parisien en 2018, évoquant la préparation du mariage de l’aînée de ses enfants pendant la rédaction de son livre. Ces six enfants ont grandi entre les appartements de service, les casernes et la ferme familiale de Vendée.
Pierre de Villiers se définit lui-même comme “catholique pratiquant, laïc et républicain”. Cette foi, héritée d’une famille vendéenne de vieille noblesse, imprègne l’éducation de ses enfants. Après sa démission, le couple quitte définitivement l’appartement de service de l’École militaire pour rejoindre leur ferme familiale en Vendée, acquise en 1998, dans le fief ancestral de la famille Le Jolis de Villiers de Saintignon. Un retour aux sources qui marque une nouvelle étape de vie, loin des arcanes du pouvoir militaire.
Pierre de Villiers entre à Saint-Cyr en 1975 dans la promotion Capitaine Henri Guilleminot, choisit l’arme blindée et la cavalerie, et commande ses premiers chars AMX-30 à Haguenau dès 1978. Sa carrière l’emmène aux Balkans, au Kosovo, à Kaboul, dans les cabinets ministériels à Matignon sous François Fillon, jusqu’au poste suprême de chef d’état-major des armées en 2014. En juin 1999, il entre le premier au Kosovo à la tête de son bataillon.
En juillet 2017, le désaccord sur la coupe de 850 millions d’euros dans le budget de la Défense conduit à sa démission, “fait sans précédent depuis 1958” selon Le Monde. Il crée ensuite une société de conseil en géostratégie et leadership, travaille pour le Boston Consulting Group, publie deux livres devenus des best-sellers (Servir en 2017, Qu’est-ce qu’un chef ? en 2018) vendus à plus de 350 000 exemplaires. “J’ai six enfants et une retraite de la fonction publique. Et je n’ai pas épousé une riche héritière”, confie-t-il avec humour.