19 May 2026, Tue

Bruno Salomone : les origines de ses parents et le portrait d’un acteur que la France n’oubliera pas

Bruno Salomone, Humoriste et acteur français

Ce dimanche 15 mars 2026, la comédie française a perdu l’une de ses figures les plus aimées. Bruno Salomone, né le 13 juillet 1970 à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, s’est éteint à 55 ans après avoir combattu une longue maladie avec la discrétion qui le caractérisait. Père de famille à l’écran, enfant unique dans la vie, porteur d’un héritage familial italo-flamand aussi inattendu que son humour : voici le portrait de l’homme derrière le comédien.

Un père sicilien et une mère flamande : deux cultures au cœur d’une enfance marseillaise

Pour comprendre Bruno Salomone, il faut d’abord remonter à ses parents. Son père était d’origine sicilienne et exerçait le métier de plombier. Sa mère, flamande, était couturière. Les prénoms de ses parents n’ont jamais été rendus publics par l’acteur, qui a toujours protégé sa famille de l’exposition médiatique.

Deux artisans, deux cultures du Sud et du Nord réunies sous le même toit, dans une Marseille ensoleillée où le petit Bruno, enfant unique, a passé l’essentiel de son enfance. La famille a ensuite rejoint la banlieue parisienne, s’installant à Villeneuve-Saint-Georges. Ce métissage italo-flamand a nourri chez lui une sensibilité particulière à la diversité humaine, une capacité à observer les gens avec tendresse et distance, ingrédients fondateurs de son humour absurde et bienveillant.

Un vétérinaire raté devenu une star

Après un baccalauréat scientifique décroché au lycée Georges-Brassens de Villeneuve-le-Roi, Bruno Salomone avait envisagé de devenir vétérinaire. Les notes en ont décidé autrement. Il a commencé à écrire ses premiers sketches et à les jouer dans de petites salles de café-théâtre, tout en incarnant le personnage de Dingo à Euro Disney pendant deux ans. C’est dès l’âge de 10 ans, lors d’une colonie de vacances, que la scène l’avait appelé pour la première fois. Entendre son public rire lui avait suffi pour savoir. En 1996, sa victoire au télécrochet Graines de star sur M6 a révélé son goût pour l’humour de l’absurde au grand public.

La troupe Nous C Nous et une amitié indéfectible avec Jean Dujardin

En 1998, Bruno Salomone rejoint la troupe Nous C Nous au café-théâtre Le Carré Blanc, aux côtés de Jean Dujardin, Éric Collado, Emmanuel Joucla et Éric Massot. C’est Patrick Sébastien qui les repère et leur ouvre les portes de sa grande émission sur France 2.

L’amitié entre Bruno Salomone et Jean Dujardin est devenue l’une des plus solides du milieu. Quelques heures après l’annonce du décès, Jean Dujardin a publié une photo de son ami sur Instagram avec ces deux seuls mots : “Mon frère.” Patrick Sébastien, contacté par Paris Match, a levé le voile sur un geste bouleversant : dans les dernières semaines, Jean Dujardin l’avait appelé pour monter en urgence une vidéo de tous les sketches et séquences que les deux amis avaient tournés ensemble. “On la lui a fait passer. Et apparemment, ça l’a rendu heureux”, a confié Patrick Sébastien.

Denis Bouley, Igor d’Hossegor : deux personnages qui ont traversé les générations

Au cinéma, c’est en 2005 dans Brice de Nice que Bruno Salomone a marqué l’imaginaire collectif en incarnant Igor d’Hossegor, l’adversaire grinçant du personnage de Jean Dujardin. Un rôle repris en 2016 dans Brice 3. Mais c’est la télévision qui lui a offert sa plus grande empreinte populaire.

À partir de 2007, il a incarné pendant neuf saisons Denis Bouley, père de famille bobo souvent dépassé dans Fais pas ci, fais pas ça sur France 2. La série avait quitté l’antenne en 2017, retrouvant ses téléspectateurs une première fois en décembre 2020, puis une seconde en décembre 2024 avec l’épisode spécial On va marcher sur la Lune, diffusé sur France 2. Malgré ses nombreux rôles de père à l’écran, Bruno Salomone n’avait jamais eu d’enfants dans la vie, une situation qu’il évoquait avec autodérision lorsqu’on l’interrogeait sur le sujet.

Un combat silencieux, une pudeur jusqu’au bout

Bruno Salomone avait choisi de tenir sa maladie à l’écart du regard public. L’actrice Hélène de Fougerolles, interrogée par Paris Match, a témoigné qu’il lui avait annoncé en privé un premier cancer, puis une récidive en septembre dernier. Soucieux de ne pas susciter la compassion, il avait demandé à ses proches de garder le silence. Dans ses derniers messages à son amie, il écrivait simplement qu’il allait continuer à se battre.

Alexandre Astier, qui l’avait dirigé dans Kaamelott, a écrit : “Le petit monde de Kaamelott pleure son Centurion.” Jean-Luc Reichmann a évoqué “tant de fous rires” partagés lors de leurs débuts communs. La ministre de la Culture Catherine Pégard a salué publiquement la disparition d’un comédien talentueux et d’une figure singulière et très aimée du public français.

By Sophie Laurent

Journaliste People & Télévision 10 ans de couverture exclusive des célébrités TV et cinéma. Ancienne correspondante Cannes pour Télé 7 Jours. Réseau privilégié dans le milieu artistique français.